Les actions d’Intel ont chuté de 30 % lors de la séance du vendredi 30 octobre 2026, signant leur pire journée en Bourse depuis 1974. Ce plongeon historique fait suite à des prévisions financières pour le quatrième trimestre nettement inférieures aux attentes de Wall Street, fragilisant l’ensemble du secteur technologique.
Un trimestre solide éclipsé par des perspectives moroses
L’annonce est tombée tard le jeudi 29 octobre 2026, révélant des résultats du troisième trimestre paradoxalement vigoureux. Intel a dégagé un bénéfice de 52 cents par action, dépassant le consensus des analystes qui tablaient sur 41 cents, tandis que son chiffre d’affaires global a progressé de 21 % en glissement annuel pour atteindre 16,51 milliards de dollars.
Le moteur de cette croissance réside dans la division dédiée aux centres de données et à l’intelligence artificielle. Les ventes de ce segment ont bondi de 78 %, s’établissant à 7,3 milliards de dollars, portées par une demande robuste en processeurs pour serveurs et par l’émergence des architectures d’IA agentique. Toutefois, la lueur de ces performances a été instantanément étouffée par les projections financières de l’entreprise pour le trimestre en cours.
Les facteurs du décrochage boursier et la réaction des marchés
Pour le quatrième trimestre, la direction anticipe un chiffre d’affaires compris entre 15 et 16 milliards de dollars, alors que les analystes espéraient 17,1 milliards. Le bénéfice ajusté par action ne devrait pas dépasser 25 cents, loin des 43 cents attendus par le marché. En Bourse, la sanction a été immédiate et brutale. Les titres de la société ont chuté de 30,6 % au cours de la séance de vendredi, ramenant la capitalisation boursière à environ 339,1 milliards de dollars et effaçant près de 150 milliards de valeur en une seule journée.
| Indicateur financier | Résultat du T3 2026 | Prévision pour le T4 2026 |
|---|---|---|
| Chiffre d’affaires global | 16,51 milliards de dollars | 15 à 16 milliards de dollars |
| Bénéfice par action (ajusté) | 0,52 dollar | 0,25 dollar |
| Revenus Data Center / IA | 7,3 milliards de dollars | Non communiqué |
| Revenus PC / Client | 8,1 milliards de dollars | En recul de 25 % à 30 % |
Cette dégringolade a provoqué une onde de choc à Wall Street. L’indice Nasdaq a reculé de 2,9 %, tandis que d’autres poids lourds technologiques ont subi de lourdes pertes. Nvidia a cédé 4 %, Broadcom a reculé de plus de 5 %, et Alphabet a prolongé son repli après avoir connu sa pire séance historique la veille.
Intel prévoit une contraction des ventes d'ordinateurs
Plusieurs difficultés structurelles expliquent ce coup d’arrêt. D’une part, le marché des ordinateurs personnels traverse un ralentissement prolongé, accentué par la cherté des composants de mémoire. La division des clients informatiques d’Intel a vu ses ventes baisser de 5 %, à 8,1 milliards de dollars, et le groupe prévoit une contraction supplémentaire de 25 % à 30 % pour le trimestre en cours.
La compagnie ne pourra pas assurer un flux de trésorerie positif au cours de l’année en cours.
Impacts politiques et perspectives pour l’industrie des semi-conducteurs
Ces turbulences financières touchent directement les actionnaires institutionnels. L’administration américaine, qui détient une participation de 10 % dans l’entreprise acquise plus d’un an auparavant, a vu la valeur de son portefeuille fondre d’environ 12 milliards de dollars en une seule séance. De son côté, Nvidia, également actionnaire, enregistre une diminution de 6 milliards de dollars de la valeur de ses parts dans la société.

Face à ce recul, la banque d’investissement Bank of America a abaissé sa recommandation sur le titre de l’acheteur à neutre, réduisant sa cible de cours. Les analystes soulignent que les investisseurs doutent désormais de la rentabilité à court terme des investissements colossaux consentis dans l’infrastructure de l’intelligence artificielle, alors même que le redressement des usines de fonderie indépendantes progresse plus lentement que prévu.
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