La plateforme d’échange de crypto-monnaies Binance a été la cible d’un piratage record évalué à 6,3 milliards de dollars. Le Federal Bureau of Investigation a attribué cette cyberattaque d’envergure, survenue le 29 octobre 2026, au groupe nord-coréen TraderTraitor.
Le vol d’actifs virtuels a touché la plus grande bourse de crypto-monnaies au monde en l’espace de vingt minutes à peine. Les pirates informatiques ont réussi à s’emparer d’au moins 6,3 milliards de dollars en vidant des portefeuilles chauds connectés à Internet. L’incident a immédiatement entraîné une chute prononcée des cours sur les marchés, le bitcoin plongeant de près de 5 % tandis que l’Ether reculait de près de 6 %. La cryptomonnaie native de la plateforme, le BNB, a quant à elle chuté de près de 10 %.
L’enquête du Federal Bureau of Investigation pointe vers la Corée du nord
Après les soupçons initiaux formulés par des analystes et des enquêteurs privés, l’agence fédérale américaine a publié une communication officielle désignant un acteur étatique. Le Federal Bureau of Investigation (FBI) a publié des informations indiquant que la République populaire démocratique de Corée (Corée du Nord) était responsable du vol de plus de 6 milliards d’actifs virtuels sur la plateforme d’échange de crypto-monnaies Binance, le 29 octobre 2026 ou aux alentours de cette date, selon le communiqué officiel du Federal Bureau of Investigation. Les investigations ont permis d’identifier le groupe TraderTraitor, considéré comme une composante du Lazarus Group. Ce dernier s’était déjà fait tristement connaître en 2014 lors du piratage de Sony Pictures en représailles au film The Interview
, qui tournait en dérision le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.
Les services de renseignement et les cabinets de sécurité informatique confirment l’implication de ces réseaux. Les sociétés TRM Labs et Chainalysis ont indiqué suivre les pistes de l’attaque avec un haut degré de certitude, s’appuyant sur l’analyse des mouvements sur la chaîne de blocs. Selon Chainalysis, les enquêteurs ont observé en temps réel des fonds dérobés à Binance se mélanger avec des avoirs issus d’un autre piratage récent attribué aux mêmes opérateurs nord-coréens.
Les méthodes des pirates et le blanchiment des actifs volés
L’intrusion s’est appuyée sur des méthodes sophistiquées. Si la direction de l’entreprise a d’abord évoqué la compromis de l’ordinateur portable d’un ingénieur, le co-directeur général Richard Teng a reconnu par la suite qu’il s’agissait d’une opération beaucoup plus complexe impliquant de multiples points de rupture. Les agresseurs ont employé des programmes malveillants conçus pour effacer les traces de leur activité, compliquant ainsi le travail des enquêteurs.
🇰🇵🇺🇸 – CORÉE DU NORD / ETATS-UNIS🔴Le FBI accuse directement la Corée du Nord dans le vol de 6 milliards de dollars de Cryptomonnaie ayant ciblé la plateforme Binance. pic.twitter.com/VXrCRUZUK7
Une fois les fonds subtilisés, le défi s’est déplacé vers le blanchiment d’argent à grande échelle. L’agence fédérale a observé que les pirates convertissaient les avoirs volés en Ethereum avant de les acheminer via des services de finance décentralisée et des plateformes d’échange instantané.
La mobilisation des réserves de la plateforme pour couvrir les pertes
Face à l’ampleur de la crise, l’entreprise a pris des mesures immédiates pour absorber le choc et protéger sa clientèle. La direction a affirmé sa volonté d’assumer l’intégralité du coût financier de l’incident. Comme l’a déclaré la plateforme dans ses communications officielles : « Notre engagement reste le même : Binance couvrira entièrement l’impact financier des fonds volés lors de cet incident. » Pour y parvenir, elle a mobilisé le fonds de réserve Secure Asset Fund for Users, une partie de son fonds d’assurance sur les contrats à terme ainsi que sa propre trésorerie d’entreprise.

La société a annoncé avoir remplacé 90 % des actifs dérobés en rachetant des jetons par l’intermédiaire de transactions de marché et de gré à gré. Les 10 % restants concernent des jetons moins liquides dont l’acquisition nécessite davantage de temps. En parallèle, les services de retrait ont commencé à rouvrir par étapes, en commençant par le réseau bitcoin avant d’étendre le rétablissement à d’autres réseaux majeurs.
Le gel partiel des capitaux et la poursuite des investigations
Malgré les efforts de sécurisation et les interventions des autorités, une part substantielle des fonds continue de circuler. Des analyses sectorielles estiment qu’environ 2,8 milliards de dollars ont pu être gelés par des entreprises et des plateformes, en grande majorité des monnaies stables dont le blocage technique est possible. En revanche, les 3,3 milliards de dollars restants, composés majoritairement de bitcoin, d’Ether et de XRP, demeurent hors de portée du gel direct et ne peuvent être stoppés qu’au moment de leur conversion sur un service tiers.
Les autorités internationales poursuivent leurs investigations tandis que le secteur observe avec inquiétude l’utilisation croissante de l’intelligence artificielle par les groupes criminels pour automatiser les cyberattaques. Les organismes de régulation et les entreprises technologiques maintiennent une vigilance accrue sur les adresses associées à TraderTraitor afin de limiter la conversion finale de ces capitaux.
Le FBI accuse la Corée du Nord du vol de 6 milliards de dollars de cryptomonnaies à Binancehttps://t.co/Vpk0y443ek
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