OpenAI : des revenus inférieurs aux attentes font chuter le Nasdaq

Les marchés technologiques ont connu une correction marquée le jeudi 8 octobre 2026, après qu’un rapport financier a révélé que le chiffre d’affaires annualisé d’OpenAI s’élevait à environ 50 milliards de dollars, soit 20 milliards de moins que les estimations de 70 milliards circulant sur les marchés, entraînant un recul du Nasdaq et touchant l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement en intelligence artificielle.

La révision des revenus d’OpenAI ébranle les marchés technologiques

L’annonce a pris les investisseurs de court. La société OpenAI a récemment indiqué à ses actionnaires que son chiffre d’affaires annualisé s’approchait de 50 milliards de dollars à la fin du mois de septembre. Ce montant se situe bien en deçà de la barre des 70 milliards de dollars qui circulait précédemment dans les milieux financiers, d’après les informations rapportées par le Financial Times.

Cette divergence s’explique en partie par des méthodes de calcul différentes entre les laboratoires d’intelligence artificielle. Une source proche des documents a indiqué que le chiffre de 70 milliards ne provenait pas d’OpenAI, mais résultait d’une volonté des cabinets de comparer les performances de l’entreprise avec celles d’Anthropic. Cette dernière intègre dans son calcul le chiffre d’affaires brut des fournisseurs de cloud, tandis qu’OpenAI comptabilise ses revenus nets de frais.

La réaction des bourses a été immédiate et prononcée. Le Nasdaq Composite a chuté de 345,35 points, soit 1,25 %, pour s’établir à 27 193,34 points, enregistrant sa pire séance depuis la mi-août. L’indice S&P 500 a reculé de 36,30 points, soit 0,47 %, pour fermer à 7 765,47 points, pénalisé par la faiblesse du secteur technologique. Les baisses ont touché l’ensemble de l’écosystème, avec des reculs notables pour les fabricants de puces et les fournisseurs de cloud, à l’instar de Nvidia en baisse de 2,94 %, Broadcom de 4,35 %, Micron Technology de 4,79 %, Advanced Micro Devices de 3,90 % et SK Hynix de 4,35 %.

OpenAI : des revenus inférieurs aux attentes font chuter le Nasdaq
Photo : The Dark Side Of The Boom

“Il va y avoir des tremors dans l’ensemble des sous-industries associées.”

Ross Mayfield, stratège en investissement chez Baird

Selon Ross Mayfield, stratège en investissement chez Baird, les marchés reposent sur la conviction que la demande pour l’intelligence artificielle continuera de croître de manière exponentielle. Toute ombre au tableau de la rentabilité des acteurs majeurs risque de se répercuter sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, d’autant que le marché boursier récent dépend largement des valeurs technologiques pour se maintenir à flot. Hwang Jeong-su, correspondant à New York pour le Korea Economic Daily, a souligné que cette confusion sur les résultats financiers soulève des inquiétudes quant à la pérennité des dépenses massives dans les centres de données et les semi-conducteurs.

La divergence des indices boursiers face à la rotation sectorielle

Alors que les valeurs technologiques subissaient de plein fouet cette correction, d’autres composantes de l’économie ont joué un rôle d’amortisseur. L’indice a bénéficié de la robustesse des secteurs de l’énergie, de la consommation de base et de la finance, qui ont permis de compenser la faiblesse des logiciels et des puces.

Le Russell 2000 a également terminé en légère hausse de 0,93 point, soit 0,03 %, à 2 794,13 points, soulignant la divergence entre les valeurs technologiques de croissance et les indices plus larges. Parallèlement, le marché obligataire a montré des signes d’apaisement : le rendement du titre à 10 ans a reculé de 5,02 points de base, tandis que le 30 ans a baissé de 5,86 points de base. Bien que des rendements plus bas puissent théoriquement soutenir les valorisations des actions de croissance, cette dynamique n’a pas suffi à endiguer la pression vendeuse sur le secteur de l’IA.

Accenture a progressé de 5,96 %, Gartner de 5,19 % à 195,41 dollars, et Cognizant de 5,15 % à 60,01 dollars. Adam Crisafulli de Vital Knowledge a souligné que cette configuration traduisait des déséquilibres de positionnement importants plutôt qu’un effondrement fondamental de la demande.

OpenAI : des revenus inférieurs aux attentes font chuter le Nasdaq
Photo : Proactive financial news

“Le repli reflète des déséquilibres de positionnement extrêmes qui ont encore du chemin à parcourir pour se dénouer selon nous, ce qui explique pourquoi l’ensemble du complexe des valeurs technologiques liées à l’IA ne va probablement pas simplement connaître un rebond net et en V.”

Adam Crisafulli, analyste chez Vital Knowledge

Les perspectives d’introduction en bourse et l’appétit des investisseurs

Malgré les interrogations soulevées par ces ajustements financiers, la perspective des introductions en bourse des géants de l’intelligence artificielle continue de mobiliser l’attention de Wall Street. OpenAI a retardé son introduction en bourse initiale à l’année prochaine au moins, en raison de préoccupations liées à la sécurité de l’IA, le PDG Sam Altman ayant écarté une cotation pour 2026. Parallèlement, l’entreprise mène des discussions pour une levée de fonds visant une valorisation de plusieurs milliers de milliards de dollars, après avoir bouclé une levée de 122 milliards en mars qui la valorisait à 852 milliards de dollars.

Les analystes estiment que l’intérêt des investisseurs reste vif en dépit des gros titres négatifs. Dan Ives, associé et directeur général de recherche chez Yorkville Ives, a affirmé à Yahoo Finance que les incertitudes ne suffisaient pas à détourner les acheteurs du cœur de la révolution technologique.

“Je pense que l’appétit va être fort.”

Dan Ives, associé et directeur général de recherche chez Yorkville Ives

Leurs commentaires sur la demande de prêts et la qualité du crédit offriront une lecture précoce sur la manière dont l’économie absorbe des rendements obligataires supérieurs à 5 %, tandis que les investisseurs continuent de surveiller si les revenus réels de l’IA parviennent enfin à suivre le rythme des investissements massifs dans les infrastructures.

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