La NASA choisit le projet GIMLI pour explorer un puits lunaire

La NASA a sélectionné une proposition de mission visant à explorer un gouffre intrigant dans la région des collines de Marius sur la Lune. Dirigé par le Planetary Science Institute, le projet GIMLI utilisera un rover pour analyser l’intérieur de cette structure souterraine.

Une structure volcanique énigmatique sur la face visible de la lune

La surface lunaire est constellée de cratères, mais les gouffres profonds y sont rares. C’est ce qui rend la dépression des collines de Marius, située près de l’équateur sur la face visible de la Lune, si inhabituelle pour les chercheurs. Cette ouverture spectaculaire mesure jusqu’à 45 mètres de profondeur et près de 90 mètres de largeur, soit l’équivalent d’un terrain de football.

D’après les observations rapportées par le quotidien Metro, cette cavité est creusée au milieu d’une rainure sinueuse, une ancienne vallée de lave solidifiée. Les géologues estiment que ce type de formation résulte de l’effondrement du toit d’un tube de lave souterrain, creusé par des éruptions volcaniques dans un passé lointain. Sur Terre, des structures comparables s’observent en Islande ou à Hawaï.

Finally, A NASA Mission To Explore Lava Tubes

Le projet GIMLI et son arsenal technologique de pointe

Pour percer le secret de ce puits lunaire, la NASA a jeté son dévolu sur le projet baptisé Geophysical Instruments for Marius Lunar pit Investigation, financé par le programme Payloads and Research Investigations on the Surface of the Moon. Le Planetary Science Institute pilote cette initiative scientifique en partenariat avec Honeybee Robotics, une filiale de Blue Origin, société spatiale fondée par Jeff Bezos.

Le rover chargé de la mission embarquera un équipement complet pour sonder le sous-sol lunaire. Les instruments prévus comprennent un radar pénétrant, des capteurs sismiques pour cartographier les structures cachées, des caméras à mât pour photographier les parois du gouffre ainsi qu’un gravimètre sensible aux micro-variations de la gravité. Nathaniel Putzig, directeur associé et scientifique senior au PSI, a souligné la portée de cette démarche :

Il est longtemps resté un souhait pour moi de réintroduire des méthodes sismiques actives et intentionnelles dans la science planétaire, car cela n’a pratiquement plus été fait depuis que les astronautes d’Apollo ont mené les premiers levés sismiques sur la Lune.

Nathaniel Putzig, directeur associé et scientifique senior au Planetary Science Institute, via IFLScience

L’appareil devra être compatible avec un atterrisseur et un rover relevant des services de charges utiles commerciales lunaires de la NASA, connus sous le sigle CLPS.

Un refuge naturel pour de futurs habitats humains

Au-delà de la curiosité géologique, l’exploration de ce réseau potentiel de tunnels offre des perspectives concrètes pour l’établissement humain. Les agences spatiales envisagent d’implanter une base permanente sur la Lune d’ici 2032, prévoyant des structures Tic Tac-shaped financées à hauteur de 15 milliards de livres sterling et alimentées par l’énergie nucléaire et solaire.

Cependant, les conditions à la surface de la Lune s’avèrent particulièrement hostiles. Gareth Morgan, géologue planétaire et scientifique senior de la mission au PSI, insiste sur la nécessité de trouver des abris adaptés face aux variations thermiques extrêmes et aux rayonnements cosmiques :

Confirmer ces espaces vides dès maintenant pourrait transformer la planification des futurs habitats, en offrant des abris naturels et prêts à l’emploi qui garantissent une stabilité thermique cruciale ainsi qu’un bouclier contre les radiations ionisantes mortelles et le bombardement de micrométéorites.

Gareth Morgan, scientifique senior et directeur adjoint de la mission GIMLI au Planetary Science Institute, via IFLScience

La surface lunaire subit en effet des fluctuations brutales, atteignant 250 degrés Celsius au soleil et chutant à moins 250 degrés la nuit en l’absence d’atmosphère protectrice. Les tunnels de lave souterrains pourraient ainsi constituer une solution toute trouvée pour assurer la sécurité des équipages lors de séjours prolongés.

L’inconnue persistante sur la véritable nature du gouffre

Si la piste d’un tunnel de lave volcanique reste privilégiée par les équipes de recherche, la mission est conçue pour parer à toute éventualité.

Si le rover ne détecte aucun conduit souterrain, les relevés permettront tout de même de comprendre précisément les mécanismes à l’origine de cette formation singulière et d’affiner les connaissances sur l’histoire volcanique de la Lune. L’approche de l’équipe scientifique consiste à s’approcher de la paroi du gouffre à une distance prudente afin de photographier les strates géologiques locales.

>

À lire aussi