Une nouvelle recherche menée à Tufts University révèle que le phytoène, un précurseur incolore du lycopène abondant dans les tomates et d’autres fruits et légumes, réduit de manière significative la stéatose hépatique non alcoolique chez la souris, ouvrant de nouvelles perspectives pour la prévention de cette maladie métabolique touchant des millions d’adultes aux États-Unis.
Pendant des décennies, le lycopène a monopolisé l’attention comme le nutriment phare de la tomate. Toutefois, de nouvelles données scientifiques publiées dans Molecular Nutrition & Food Science suggèrent que le phytoène joue un rôle protecteur déterminant contre la stéatose hépatique métabolique (MASLD), une affection chronique qui touche de nombreux adultes américains selon les informations rapportées par l’établissement universitaire.
Le rôle du phytoène face à la stéatose hépatique
La maladie stéatosique hépatique liée au dysfonctionnement métabolique touche environ 100 millions d’adultes aux États-Unis. Ce chiffre grimpe de manière importante chez les personnes souffrant d’obésité ou de diabète. Dans ce contexte pathologique, une accumulation excessive de graisse altère les cellules du foie, provoquant inflammations, lésions et, dans les cas avancés, une fibrose ou cirrhose hépatique. Bien que les scientifiques sachent depuis longtemps que les tomates protègent le foie, la poudre de tomate s’est révélée plus efficace que le lycopène purifié lors d’études animales, laissant soupçonner l’action d’autres composés.
Le phytoène constitue précisément ce chaînon manquant. Bien qu’invisible dans les tomates rouges mûres, ce composé sert de brique élémentaire que les plantes transforment en lycopène et en autres caroténoïdes colorés. Les travaux menés à Tufts University apportent un éclairage inédit sur ses mécanismes biologiques.
La chercheuse a également souligné un avantage pharmacocinétique majeur en précisant que le phytoène est en fait plus facilement absorbé par l’organisme d’après les données de recherche antérieures rappelées par l’équipe.
Méthodologie et résultats de l’expérimentation animale
Pour évaluer l’impact biologique du composé, les chercheurs ont soumis deux groupes de souris à un régime riche en glucides raffinés pendant six mois. Ce protocole visait à reproduire les habitudes alimentaires humaines associées à la stéatose hépatique, caractérisées par une forte consommation d’aliments et de boissons sucrés. La moitié des rongeurs a reçu un supplément de phytoène équivalent à la consommation humaine de trois à quatre tomates crues ou de 100 grammes de concentré de tomate par jour.
À l’issue de la période d’observation, les animaux supplémentés ont développé une stéatose hépatique nettement moins sévère que le groupe témoin. L’analyse détaillée a permis d’écarter l’hypothèse d’une modification du microbiome intestinal. À la place, les chercheurs ont observé que le phytoène active des protéines clés de la régulation métabolique hépatique, incitant le foie à brûler l’excès de graisses au lieu de les stocker.
L’étude a également mis en lumière le rôle des enzymes de conversion. Les souris dépourvues des deux enzymes nécessaires pour transformer les caroténoïdes ont accumulé de fortes concentrations de phytoène dans leurs tissus sans pour autant bénéficier de la protection hépatique. Ce résultat suggère que l’effet protecteur découle des métabolites secondaires produits lors de la dégradation du composé par l’organisme. De plus, les femelles ont accumulé davantage de phytoène hépatique que les mâles, ce qui indique une influence potentielle du sexe sur l’absorption et le métabolisme de la substance.
Implications nutritionnelles et perspectives de recherche
Au-delà de la tomate, les experts rappellent que ce caroténoïde est largement présent dans d’autres végétaux du quotidien. Cette omniprésence renforce l’intérêt d’une diversification des apports alimentaires pour les populations à risque.

Les scientifiques estiment que si de plus amples recherches venaient valider nos résultats, encourager la population à consommer davantage de fruits et légumes riches en phytoène pourrait constituer une stratégie utile pour aider à prévenir la maladie métabolique du foie ou à en ralentir la progression chez les individus à haut risque, selon le responsable de l’étude.
Cette approche s’inscrit dans un champ d’investigation plus large concernant les caroténoïdes et leurs dérivés oxydatifs, souvent étudiés pour leur rôle potentiel face aux maladies cardiovasculaires et à certains cancers, comme le rappellent les synthèses publiées sur la recherche sur le lycopène et ses métabolites. Toutefois, les spécialistes rappellent que de nouveaux essais cliniques chez l’humain restent indispensables pour confirmer ces mécanismes et adapter les recommandations de santé publique.
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