Colombie : 14 morts dans l’effondrement d’une mine d’or à Nariño

Quatorze personnes ont perdu la vie et sept autres ont été blessées lors de l’effondrement d’une mine d’or clandestine dans le sud-ouest de la Colombie. L’accident, survenu dans une zone rurale reculée du département de Nariño, relance les inquiétudes autour de la sécurité des exploitations minières informelles.

Un éboulement survenu dans une mine d’or illégale a provoqué la mort de 14 personnes et fait sept blessés dans le sud-ouest de la Colombie, selon les informations confirmées par les autorités locales. Le drame s’est produit dans le secteur rural de Chambero, rattaché à la municipalité de Santa Bárbara de Iscuandé, en plein cœur de la province de Nariño.

Les opérations de recherche et de sauvetage sont désormais terminées, a déclaré le gouverneur du Nariño, Luis Alfonso Escobar, auprès de l’agence Reuters. Les premiers bilans fournis par les services de secours locaux mentionnaient initialement neuf décès et plusieurs personnes ensevelies, avant que le décompte macabre ne s’alourdisse à 14 victimes au fil des interventions menées sur place.

Les difficultés d’accès et la menace des groupes armés à Santa Bárbara de Iscuandé

Intervenir sur les lieux de la catastrophe a représenté un défi majeur pour les équipes de secours. Isolé au milieu d’une jungle dense, le site de Santa Bárbara de Iscuandé n’est accessible que par voie fluviale ou à bord de petits aéronefs, ce qui a lourdement ralenti la coordination des secours d’urgence.

Colombie : 14 morts dans l'effondrement d'une mine d'or à Nariño
Photo : geo.tv

À cette barrière géographique s’ajoute un climat d’insécurité chronique. Le département de Nariño, frontalier de l’Équateur, subit l’emprise de plusieurs factions armées illégales, dont le bloc Jacobo Arenas, formé par d’anciens rebelles des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ayant rejeté l’accord de paix de 2016. Le secrétaire à la Paix et à la Sécurité du département, Alex Gonzalez, a souligné auprès de la chaîne Caracol que le terrain difficile et la présence de ces groupes criminels avaient considérablement entravé la progression des secouristes.

Face à la gravité de la situation, le bureau du Défenseur du peuple a publié une déclaration d’urgence pour réclamer l’ouverture de couloirs humanitaires. L’institution a notamment demandé le déploiement d’un soutien militaire aérien, l’activation du réseau hospitalier de la région et l’envoi éventuel du navire hospitalier Benkos Biojó depuis Guapi afin de porter assistance aux blessés et de sécuriser la zone.

Luis Alfonso Escobar a déclaré sur X : « En ce moment, notre priorité est de sauver des vies, d’accompagner les familles et de garantir une réponse opportune à cette tragique épreuve. »

Selon le Défenseur du peuple de Colombie, sur X : « Tous nos efforts doivent être tournés vers la protection des vies et la gestion de cette urgence. »

L’économie clandestine de l’or et la récurrence des drames miniers dans le Nariño

Ce drame révèle la fragilité économique des communautés locales et l'omniprésence du secteur informel. L’exploitation minière illégale est devenue l’une des sources de financement les plus lucratives pour les groupes armés de la région, devançant parfois la production de cocaïne. Des sources gouvernementales régionales ont rappelé que les habitants des zones reculées manquent cruellement d’alternatives économiques viables, poussant de nombreux travailleurs vers des mines artisanales totalement dépourvues d’infrastructures de sécurité.

Les accidents mortels dans ces exploitations hors la loi ne constituent pas une exception. Un drame similaire s’était déjà produit en août dernier dans la municipalité de Policarpa, également située dans le Nariño, coûtant la vie à 13 personnes.

Les appels pressants à la régulation de l’Agence Nationale des Mines

Au lendemain de la tragédie, les autorités locales montent au créneau pour exiger des changements structurels de la part de l’État central. Le gouverneur Luis Alfonso Escobar a publiquement exhorté le gouvernement national, l’Agence Nationale des Mines ainsi que le Ministère des Mines et de l’Énergie à accélérer les procédures de formalisation pour les petits exploitants et les mineurs informels.

L’objectif affiché de cette transition réglementaire est d’améliorer drastiquement les conditions de travail et les standards de sécurité dans une région où l’extraction aurifère reste hors de tout contrôle. Un rapport publié en octobre dernier par le Ministère des Mines et de l’Énergie, mené en collaboration avec l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime, illustre l’ampleur du défi national : il recensait 118 410 hectares de terres consacrées à l’extraction aurifère alluvionnaire pour la seule année 2025, dont 75 % d’activités non autorisées et 85,6 % de communes touchées par la présence d’au moins un groupe armé illégal.

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