Néanmoins, des experts internationaux alertent sur la vulnérabilité de l’économie insulaire face aux risques de ralentissement des investissements technologiques et à sa forte dépendance sectorielle.
L’économie taïwanaise surfe sur une dynamique exceptionnelle. Cette embellie spectaculaire s’explique en grande partie par l’explosion des besoins mondiaux en technologies liées à l’intelligence artificielle, un dynamisme qui a propulsé l’indice boursier de Taïwan vers une hausse significative depuis le début de l’année.
Les mises en garde de Malayan Banking et de Tiger Fund Management face aux risques de surchauffe
Malgré des indicateurs au zénith, plusieurs analystes étrangers invitent à la prudence et exhortent à ne pas extrapoler cette performance hors du commun. Selon le responsable des recherches sur les changes auprès de Malayan Banking, l’euphorie actuelle ne doit pas masquer la fragilité potentielle du modèle économique taïwanais.
Je crois qu’il ne faut pas extrapoler à l’avenir la croissance anormalement forte de cette année. Saktiandi Supaat, responsable des recherches sur les changes à Malayan Banking, via le service d’information UDN
L’institution financière souligne que si les dépenses massives des géants technologiques mondiaux profitent directement aux fabricants locaux, un essoufflement de la demande en matière d’intelligence artificielle se répercuterait de manière immédiate sur les exportations, la production industrielle et les investissements de l’île. Dans le même sens, la direction de Tiger Fund Management avertit que ces vulnérabilités structurelles jettent un doute sérieux sur la pérennité à long terme de cette expansion.
La concentration dans les semi-conducteurs et les tensions géopolitiques en question
La structure même de l’industrie taïwanaise expose l’économie à des soubresauts cycliques prononcés. En focalisant l’essentiel de sa puissance productive sur les semi-conducteurs et le secteur technologique, le territoire subit de plein fouet les fluctuations des cycles d’investissement mondiaux. Cette dépendance étroite s’accompagne de facteurs de risque géopolitiques majeurs.
Du côté de BMI, l’analyste en charge des risques nationaux signale que la montée des tensions autour du détroit de Taïwan risque d’altérer durablement le moral des investisseurs. Un éventuel retrait de capitaux pourrait inciter les principaux clients des fonderies de puces à diversifier leurs approvisionnements pour réduire leur exposition à Taïwan. Parallèlement, un durcissement des conditions financières internationales et une hausse potentielle des taux d’intérêt, attisée par des pressions inflationnistes persistantes, menacent de peser sur l’écosystème naissant des jeunes pousses technologiques en restreignant leurs options de refinancement sur les marchés privés.
Le paradoxe du marché du travail et les défis structurels soulignés par l’EIU et l’UOB
Au-delà des marchés boursiers et des performances à l’exportation, la répartition des richesses générées par cette manne technologique interroge les institutions économiques. L’économiste en chef pour l’Asie de l’Economic Intelligence Unit pointe du doigt un déséquilibre persistant entre la flambée des valeurs technologiques et la situation salariale des ménages.
Tout cela indique que les bénéfices de la frénésie de l’IA n’ont pas profité de manière équitable à l’ensemble de l’économie, ni ne se sont répartis selon des modalités structurellement durables. Nick Marro, économiste en chef pour l’Asie à l’Economic Intelligence Unit, via le service d’information UDN
Alors que la Bourse intérieure profite du plébiscite des actions technologiques et stimule artificiellement la consommation des particuliers, les salaires réels stagnent. Pour assurer l’avenir, la division économique de United Overseas Bank insiste sur la nécessité impérative de préserver l’avance technologique de l’île grâce à des investissements constants en matière de recherche et développement, de formation des talents et de capacités de fabrication de pointe.
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