Les étudiants colombiens de 15 ans affichent le taux d’utilisation de l’intelligence artificiale le plus élevé d’Amérique latine pour leur apprentissage, avec 56 % y recourant chaque semaine. Cette adoption massive, révélée par l’étude PISA 2025 de l’OCDE publiée le mardi 8 septembre 2026, coïncide toutefois avec d’importantes carences matérielles dans les établissements scolaires du pays.
L’étude PISA 2025 de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE), divulguée le mardi 8 septembre 2026, met en lumière la place centrale qu’occupent les technologies conversationnelles dans le quotidien des jeunes en Colombie. Avec 56 % des élèves utilisant hebdomadairement des outils d’intelligence artificielle pour leurs études, le pays se positionne au premier rang en Amérique latine, devançant le Pérou avec 54 % et l’Uruguay avec 53 %.
Ce chiffre place également la Colombie dix points au-dessus de la moyenne des pays membres de l’OCDE, établie à 46 %. À l’échelle internationale, l’utilisation observée devance l’Argentine et l’Équateur, tous deux à 52 %, mais reste en deçà des taux enregistrés au Vietnam avec 69 %, à Singapour avec 66 % et dans les Émirats arabes unis avec 64 %.
Les réserves de l’OCDE face au raccourci cognitif des chatbots
Malgré cette popularité auprès des adolescents, l’organisme international émet de sérieux avertissements quant aux véritables bénéfices pédagogiques de ces technologies génératives. L’organisation souligne que ces interfaces numériques comportent des risques importants si elles sont manipulées sans encadrement rigoureux.
L’OCDE, Organisation pour la coopération et le développement économiques, a indiqué que cette attente ne se concrétise fréquemment pas dans la pratique.
Le rapport insiste sur le fait que l’intelligence artificielle générative, bien qu’elle puisse soutenir l’apprentissage sous certaines conditions précises, ne parvient pas systématiquement à atteindre cet objectif au quotidien. Utilisée de manière inappropriée, elle risque de se transformer en un raccourci qui évite le travail cognitif que l’éducation cherche à développer, selon les termes de l’organisme international repris par la publication régionale.
Infrastructures scolaires dégradées et paradoxe numérique dans les salles de classe
Cette appétence pour les outils numériques se développe dans un climat marqué par de profondes difficultés matérielles au sein des collèges colombiens. D’après les données recueillies, 63 % des élèves fréquentent des établissements où le manque de matériel pédagogique entrave l’enseignement, tandis que 62 % subissent des problèmes d’infrastructure.
Cette situation s’est détériorée par rapport à l’évaluation précédente de 2022, où la proportion d’élèves confrontés à des insuffisances d’infrastructure se limitait à 44 %. Malgré ces obstacles matériels, le temps consacré aux activités numériques d’apprentissage dans les collèges atteint une moyenne de 1,6 heure par jour, se calquant presque sur la moyenne de l’OCDE fixée à 1,7 heure.

La question des distractions en classe s’invite également au cœur du rapport. Trente-six pour cent des élèves signalent que leurs camarades se laissent fréquemment distraire par des appareils numériques pendant les cours, un taux supérieur à la moyenne de l’OCDE qui s’établit à 28 %. Néanmoins, le document indique que dans les établissements où les téléphones portables font l’objet d’une interdiction stricte, les risques de distraction signalés chutent de 33 %.
Capacités d’auto-régulation et méthodologie de l’évaluation PISA 2025
Au-delà des équipements et des usages technologiques, le rapport pointe des lacunes dans les compétences méthodologiques des jeunes. Le texte relève qu’il y a encore une marge d’amélioration concernant l’aptitude des étudiants colombiens à autoréguler leur propre apprentissage et à définir des objectifs clairs de travail.

Pour mener à bien cette radiographie du système éducatif, les épreuves PISA ont été administrées en 2025 auprès de milliers d’élèves répartis dans 266 établissements.
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