Un séisme de magnitude 7.4 a frappé l’ouest de la Colombie, faisant au moins 181 morts et des milliers de disparus selon les autorités. Les opérations de secours se multiplient dans les zones touchées comme Cali et Pereira, tandis que la région isolée du Chocó reste difficile d’accès après la catastrophe survenue le 10 août.
L’effondrement d’immeubles résidentiels et de bâtiments commerciaux dans les principales villes de l’ouest colombien illustre la violence de la secousse tellurique enregistrée le lundi 10 août. Le Service géologique national a qualifié cet événement sismique de pire catastrophe de ce siècle dans le pays, touchant de plein fouet des agglomérations denses ainsi que des communautés rurales reculées.
Le drame de l’immeuble Torres del Limonar à Cali et l’attente des familles
Dans le quartier de Capri, au sud de Cali, l’immeuble de quatre étages Torres del Limonar est devenu le symbole de la tragédie. Cet édifice abritant des dizaines d’appartements fait partie des plus de 50 bâtiments effondrés dans cette ville de plus de deux millions d’habitants. Sous un soleil de plomb, des secouristes, des pompiers, des militaires et des bénévoles s’activent sans relâche au milieu des matelas et des décombres.
À intervalles réguliers, le silence s’impose sur le site pour permettre aux équipes d’écouter d’éventuels signes de vie sous les amas de béton. Efraín Gallego attend des nouvelles de son frère de 80 ans, piégé aux côtés de son épouse. Il confie, la voix brisée par l’émotion, qu’on ressent de l’angoisse et que chaque fois qu’une alerte signale qu’une personne est vivante, l’espoir de la retrouver renaît.
Bilan humain et premières mesures d’urgence du président Abelardo de la Espriella
Le président colombien Abelardo de la Espriella, entré en fonction quelques jours seulement avant la catastrophe, fait face à sa première épreuve majeure à la tête de l’État. Selon les chiffres communiqués par l’exécutif, au moins 181 personnes ont péri dans le séisme de magnitude 7.4. Environ 2 595 autres ont été blessées, tandis que 195 personnes demeurent officiellement introuvables, bien que des bases de données autogérées par des citoyens estiment que le nombre de disparus pourrait atteindre 3 900.

Face à l’ampleur des destructions — qui comptent 1,136 foyers détruits —, le gouvernement a mobilisé l’appareil militaire et policier.
La situation critique de la région du Chocó et des zones rurales enclavées
La région du Chocó, située autour de l’épicentre et reconnue comme l’une des plus pauvres du pays, concentre les inquiétudes des services de secours. Sterling Palacios, leader religieux et environnemental de cette zone traversée par le fleuve Atrato, indique que la capitale régionale et les bourgades riveraines ont subi des dégâts massifs. Les répliques sismiques ont contraint de nombreux habitants à passer la nuit dans les rues. L’accès à ces localités, souvent limité à la navigation fluviale ou aux pistes de jungle, complique l’acheminement des aides et l’évaluation précise des pertes.

Sterling Palacios, leader religieux et environnemental, déclare qu’il y a des villes où les gens ont tout perdu, où des personnes sont mortes et où des foyers ont été détruits, tout en ajoutant que nous n’avons pas une vue d’ensemble complète des dégâts, mais que nous savons qu’ils sont massifs.
Alors que la fenêtre critique des 48 à 72 heures pour retrouver des survivants s’amenuise, les équipes de sauvetage poursuivent leurs efforts dans les décombres de l’ouest colombien, soutenues par un vaste élan de solidarité citoyenne et de bénévolat.
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