La compagnie QatarEnergy a engagé des achats massifs de gaz naturel liquéfié aux États-Unis dans le cadre d’une stratégie de couverture commerciale. Cette initiative vise à sécuriser des revenus alternatifs et à compenser les perturbations de ses exportations par le détroit d’Ormoz, suite aux tensions géographiques survenues début 2026.
Une stratégie d’achat pour contrer les risques du détroit d’Ormoz
Face à l’arrêt quasi-total de ses exportations maritimes de gaz naturel liquéfié consécutif à l’escalade militaire à la fin de février 2026, la compagnie qatariote a mis en place un dispositif de contournement commercial. Plutôt que de financer la construction de coûteux gazoducs terrestres qui resteraient vulnérables aux conflits régionaux, l’entreprise mise sur son immense flotte maritime d’environ deux cents navires et sur sa puissance de négoce international. La stratégie a été pensée par le ministre pour s’affranchir d’investissements en infrastructures lourdes, s’appuyant sur des prévisions où l’administration américaine anticipe une hausse de la production de gaz, tandis que la demande et les tensions font planer le risque d’une flambée des factures pour les services publics dans l’hémisphère nord.
Le ministre d’État aux Affaires énergétiques et PDG de la structure, Saad Sherida al-Kaabi, a explicité la logique financière de ces acquisitions lors d’entretiens accordés à la presse fin octobre 2026. Saad Sherida al-Kaabi a déclaré : « Dans le scenario d’une fermeture du détroit, qui est la véritable situation d’urgence contre laquelle nous cherchons à nous prémunir, les prix du gaz connaîtront une hausse immédiate et brutale, ce qui permettra à QatarEnergy de générer des revenus qui n’auraient pas pu être atteints dans des circonstances normales ».
Les accords conclus avec Woodside Energy et Cheniere Energy
En tenant compte de la participation de soixante-dix pour cent détenue dans le complexe Golden Pass aux côtés d’ExxonMobil, l’ensemble des positions américaines avoisine désormais près de 20 millions de tonnes par an.

L’impact sur la production locale et les perspectives de livraison
Les infrastructures de liquéfaction situées à Ras Laffan, touchées par des frappes au premier trimestre de l’année, continuent de fonctionner à un rythme restreint.
Les analystes rappellent que ces nouveaux flux américains ne soulageront pas immédiatement la pénurie actuelle, puisque les volumes de Woodside ne commenceront à arriver qu’en 2030 et ceux de Cheniere en 2031.
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