Iran : négociations indirectes avec les États-Unis via Pakistan et Qatar

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a affirmé ce mercredi que des négociations indirectes se poursuivent sans interruption avec les États-Unis par l’intermédiaire du Pakistan et du Qatar, alors que Téhéran maintient sa proposition de rouvrir le détroit d’Ormuz sous conditions strictes.

Les pourparlers indirects entre Téhéran et Washington par le canal du Qatar et du Pakistan

Les discussions diplomatiques entre l’Iran et les États-Unis se déroulent de manière ininterrompue grâce à la médiation de pays tiers. Le chef de la diplomatie iranienne a précisé que ces échanges visent à mettre un terme au conflit en cours au Moyen-Orient. Islamabad et Doha servent de relais constants entre les deux capitales depuis le déclenchement des hostilités le 28 février, une mission de médiation également appuyée par l’arrivée à Téhéran du maréchal de camp Asim Munir, chef de l’Armée de Pakistan.

Du côté iranien, on pose des balises claires pour tout accord futur. Le président iranien a rappelé que les pressions et les sanctions devaient cesser pour ouvrir la voie à un dialogue durable, tout en soulignant la méfiance profonde de la population envers Washington après plusieurs séries de pourparlers infructueuses. Le pays insiste sur le fait qu’il ne cédera pas face aux menaces militaires. Par ailleurs, à la suite des frappes et des pertes subies au début du conflit, le Parlement iranien a approuvé le nomenbrement de Mehrdad Ajlaqi comme nouveau ministre de la Défense lors d’une session rapportée par l’agence IRNA.

Le plan de sept jours et la proposition de réouverture du détroit d’Ormuz

Au cœur des discussions se trouve le plan présenté par Téhéran en septembre pour rétablir la navigation. Cette initiative de sept jours prévoit que le détroit d’Ormuz peut s’ouvrir à nouveau dès le sixième jour, à la condition absolue que Washington accepte de lever le blocus naval, d’abandonner les sanctions ciblant le pétrole iranien, de cesser les combats sur tous les fronts et de libérer les avoirs du pays gelés à l’étranger.

El vicepresidente de EEUU, JD Vance, y el ministro de Exteriores de Irán, Seyyed Abbas Araqchi, llegan a las negociaciones
Photo : Lasexta

Les autorités iraniennes soutiennent que Washington a communiqué son acceptation de ces conditions tout en formulant des exigences de son propre chef. Malgré cela, le gouvernement de Téhéran maintient sa position d’intransigeance sur le terrain maritime. Aucun passage complet n’est autorisé sans un accord politique préalable.

La position de la République islamique est claire et n’a pas changé : il n’y aura pas d’ouverture complète du trafic maritime sans un entendement préalable avec Washington, et tout navire qui tente de traverser s’exposera à de graves problèmes de sécurité.

estrecho de Ormuz
Photo : MONCLOA.COM

La situation en mer et les tensions sur les marchés pétroliers

La sécurité du transport maritime reste précaire dans la région. Des incidents récents illustrent la volatilité de la zone, marquée par des attaques contre des navires marchands au large de l’Oman et de l’Irak, à l’instar d’un pétrolier touché à onze milles nautiques à l’ouest de la ville de Buja selon le centre d’Opérations Maritimes Commerciales de Royaume-Uni. Pendant ce tiden, les marchés subissent de plein fouet les répercussions de la crise, le baril de Brent ayant atteint 109,86 dollars, soit un sommet de cinq mois, lors des dernières cotations hebdomadaires.

Les autorités de Téhéran soulignent avoir mis en place des routes spécifiques pour préserver l’approvisionnement des navires irakiens et limiter les dégâts économiques régionaux. Les coordonnées géographiques de ces trajets ont été définies conjointement avec Mascate et doivent être enregistrées auprès de l’Organisation maritime internationale.

Les alliances diplomatiques et le rapprochement stratégique avec Moscou et Pékin

Face à la confrontation avec les États-Unis et Israël, l’Iran consolide ses liens avec ses partenaires traditionnels. Le ministre iranien des Affaires étrangères a salué un niveau de coopération inédit avec la Russie à l’issue d’une visite de Sergueï Lavrov, soulignant des convergences allant de l’Asie occidentale à l’Ukraine.

Iran : négociations indirectes avec les États-Unis via Pakistan et Qatar
Photo : Negocios.com

De surcroît, les dirigeants chinois et russes ont exprimé leur appui à Téhéran lors de rencontres internationales, condamnant les actions militaires menées sans l’aval du Conseil de sécurité des Nations unies. Les autorités iraniennes réaffirment ainsi que leur programme nucléaire répond à des finalités civiles et pacifiques, tout en consolidant leur position stratégique face aux pressions occidentales.

À lire aussi