Les jurés ont entamé leurs délibérations à Las Vegas dans le procès de Duane « Keffe D » Davis, poursuivi pour le meurtre du rappeur Tupac Shakur en septembre 1996. L’accusation soutient que l’accusé a ordonné le meurtre et fourni l’arme, tandis que la défense plaide l’absence totale de preuves matérielles.
Le début des délibérations et les arguments de l’accusation à Las Vegas
Les jurés ont commencé à délibérer après neuf jours de témoignages et des réquisitoires prononcés par le parquet et la défense, marquant un tournant décisif dans cette affaire suivie depuis des décennies par les amateurs de hip-hop et les experts criminels selon les informations rapportées sur le déroulement des audiences. Le procureur en chef adjoint Binu Palal a affirmé devant les jurés que l’accusé avait acquis une arme et cherché activement le rappeur ainsi que Marion « Suge » Knight, cofondateur de Death Row Records, à la suite d’une altercation impliquant le neveu de l’accusé plus tôt dans la soirée.
Duane « Keffe D » Davis, âgé de 63 ans, fait face à un chef d’accusation de meurtre avec une arme à feu perpétré dans l’intention de promouvoir ou d’assister un gang criminel. L’enquête est restée au point mort pendant des années avant d’être relancée par les déclarations publiques et les écrits de l’accusé, qui est désormais le seul survivant des quatre hommes désignés par l’accusation comme se trouvant à bord de la Cadillac blanche d’où les tirs ont été mortellement décochés le 7 septembre 1996, ainsi que le rappelé un récapitulatif détaillé des faits de la cause.
Selon les procureurs, Davis a remis l’arme à quelqu’un assis sur le siège arrière de la Cadillac et a ordonné à cette personne de tirer sur Shakur, qui est mort six jours plus tard, tandis que le conducteur de la Cadillac, le cofondateur de Death Row Records Marion « Suge Knight », a été blessé. Le panel de 16 jurés, dont quatre suppléants, a entendu les témoignages de 24 témoins de l’accusation et de trois témoins de la défense au cours de neuf jours.
Pour les besoins du procès, des détectives, d’anciens associés de gangs et des documentaristes ont témoigné, tandis que des fans comme Jessica Martin, venue de Californie centrale pour assister au procès, se sont installés chaque jour dans la salle d’audience.
Les aveux écrits et les déclarations de Duane « Keffe D » Davis au cœur des débats
L’accusation a abondamment mis en avant les mémoires de l’accusé, intitulés Compton Street Legend, ainsi que des extraits d’entretiens où ce dernier affirmait se trouver dans le véhicule et avoir remis l’arme à des tiers. Pour le parquet, ces contradictions dans les récits successifs de l’accusé s’expliquent par ses efforts répétés pour se protéger, tout en maintenant la mention constante de sa présence dans la voiture.
Binu Palal, premier substitut du procureur, a indiqué par l’intermédiaire de Associated Press que les faits essentiels et les faits matériels demeuraient inchangés.
Le procureur Marc DiGiacomo a également rappelé l’existence d’un dossier de coupures de presse tenu par l’accusé, le qualifiant de collection mémorielle compromettante, et a demandé aux jurés si un homme « dumb enough to write this book » est assez intelligent pour maintenir un mensonge cohérent pendant plusieurs années. Le procureur DiGiacomo a également exhorté les jurés : « At the end of the day, hold him accountable », ajoutant que M. Davis tente d’échapper à la responsabilité d’un crime qu’il a admis à plusieurs reprises.
La réplique de la défense et l’absence de preuves matérielles directes
De son côté, l’avocat de la défense Michael Sanft a vivement contesté le dossier présenté par le parquet, insistant sur le fait qu’aucun élément physique, qu’il s’agisse d’enregistrements de vidéosurveillance ou de relevés téléphoniques, ne permet de placer son client à Las Vegas le soir du drame. La défense a également attiré l’attention sur le fait que la partie adverse ne disposait d’aucune preuve extérieure pour attester de sa présence.

Michael Sanft, avocat de la défense, a déclaré par l’intermédiaire de Associated Press que l’accusation ne disposait d’aucun élément dans ce dossier permettant d’affirmer que cet homme se trouvait à Las Vegas le 7 septembre 1996.
Michael Sanft a caractérisé les confessions de son client comme de la fiction et des mensonges conçus en partie pour promouvoir son livre, affirmant devant le tribunal : « You’re reading a book that is fiction and not fact. But the state wants you to believe that this is somehow a confession, that he was there and present at the time of the shooting. » Avant le procès, les avocats de Davis avaient tenté en vain d’empêcher que le livre ne soit introduit comme preuve, de même que des remarques faites lors d’un entretien avec la police en 2008.
Alors que le comité de 12 jurés titulaires, assisté de quatre suppléants, entame sa période de réclusion et de réflexion au tribunal, la juge a demandé aux avocats de s’assurer de laisser des numéros où ils peuvent être joints au cas où les jurés auraient des questions. En cas de condamnation, Duane « Keffe D » Davis encourt une peine de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle.
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