Près de 300 000 barils de gazole russe quittent Primorsk à bord d’un pétrolier sous pavillon maltais pour rejoindre New York, en application d’un accord conclu entre Donald Trump et Vladimir Poutine le 9 octobre 2026 afin de stabiliser les prix des carburants avant les élections de mi-mandat.
Le transporteur maritime Agioi Fanendes, exploité par la société grecque Eastern Mediterranean Maritime, a appareillé dans la nuit du 22 au 23 octobre 2026 depuis le port baltique russe de Primorsk. D’après les données de suivi maritime de la société Kpler et de LSEG Shipping, le navire affichait New York comme destination sur son transpondeur AIS, avec une arrivée prévue sur la côte américaine le 7 novembre 2026, soit quatre jours après le scrutin de mi-mandat aux États-Unis selon les données de suivi maritime.
Le Trésor américain autorise le premier convoi de carburant raffiné
La cargaison représente environ 40 000 tonnes métriques de diesel à très faible teneur en soufre, soit un volume avoisinant les 320 000 barils. Cette expédition marque la première importation de produits raffinés russes aux États-Unis depuis l’interdiction décrétée au printemps 2022 à la suite de l’invasion de l’Ukraine. Pour autoriser cette circulation, le Trésor américain a accordé une dérogation valable jusqu’en avril prochain, assouplissant l’arsenal de sanctions adopté plus tôt par l’administration américaine.

Du côté de Moscou, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a confirmé le départ de ce premier navire tout en précisant que les acheteurs et les vendeurs directs n’étaient pas divulgués publiquement.
À ce que je sache, il y a déjà eu des rapports du ministère de l’Énergie selon lesquels le premier pétrolier a, en fait, mis les voiles vers ses destinataires, ses acheteurs. Les autres expéditions se poursuivront à un rythme régulier à partir de maintenant.
Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin
Le vice-premier ministre russe en charge de l’énergie, Alexandre Novak, a pour sa part estimé que la Russie pourrait acheminer à terme entre 3 et 3,5 millions de tonnes de gazole par mois vers le marché mondial et américain pour répondre à la demande.
La contestation politique gronde à Kiev et au Congrès américain
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a qualifié la décision de Washington de mesure faible de la part de partenaires forts, tandis que l’entente bilatérale provoque des tensions diplomatiques. Kiev reproche à l’administration américaine de financer indirectement l’effort de guerre russe, au moment même où les raffineries de pétrole russes subissent des frappes régulières de drones à longue portée. Ce rapprochement énergétique a également coïncidé avec des frictions accrues concernant le soutien militaire américain et l’utilisation du système satellitaire Starlink en Ukraine.
Aux États-Unis, la fronde s’organise également sur le plan institutionnel. Un groupe de parlementaires, composé de six sénateurs menés notamment par le républicain Thom Tillis et d’un député démocrate, a adressé des lettres d’avertissement à de grandes institutions financières telles que JPMorgan Chase et Bank of America, ainsi qu’à des autorités portuaires au Texas et à New York. Les élus estiment que cet accord contourne illégalement la législation en vigueur, laquelle subordonne toute levée des sanctions à des conditions strictes sur le front ukrainien que le Congrès n’a pas validées selon les courriers parlementaires.
Les marchés font face à une offre modeste
L’objectif affiché de la Maison-Blanche consiste à enrayer la flambée des coûts du carburant qui pèse sur l’économie et l’agriculture à l’approche du vote de novembre. Le gazole alimentant directement les camions de transport et les tracteurs agricoles, son renchérissement se répercute sur l’ensemble des prix à la consommation. Cependant, les experts en politique énergétique notent que les volumes annoncés restent modestes face à la demande globale.
Avec une consommation quotidienne avoisinant les 4 millions de barils de gazole aux États-Unis, la cargaison de 300 000 barils représente à peine 7 % des besoins journaliers du pays. Bien que l’accord prévoie des volumes additionnels de 500 000 tonnes en novembre et un million de tonnes par la suite, de nombreux analystes doutent d’un effet mesurable et durable sur les tarifs affichés à la pompe pour les automobilistes et les entreprises.

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