Diesel russe : Trump défend un accord critiqué par les experts

Le président Donald Trump a défendu un accord autorisant la Russie à exporter du diesel, affirmant que le carburant stabiliserait les marchés mondiaux avant le scrutin du 3 novembre 2026. L’annonce a provoqué de vives critiques au Congrès et parmi les experts énergétiques, qui jugent les volumes insuffisants pour baisser les prix à la pompe.

Face à des coûts du carburant qui pèsent sur les consommateurs américains à l’approche des élections de mi-mandat, l’administration a autorisé des transactions impliquant le diesel russe. Le président Donald Trump a assuré sur son réseau social que le Kremlin livrerait rapidement des centaines de milliers de tonnes de carburant aux marchés internationaux. Cette décision intervient alors que le prix moyen de l’essence et du gazole reste élevé, alimenté par les perturbations dans le secteur énergétique. L’impact de ces livraisons sur les utilisateurs majeurs de diesel et sur les usagers a été remis en cause par des spécialistes du secteur.

Les volumes promis par Moscou et le scepticisme des analystes

Dans une publication sur Truth Social le 9 octobre 2026, Donald Trump a déclaré que la Russie fournirait immédiatement plus de 300 000 tonnes de diesel sur les marchés mondiaux, suivies de 500 000 tonnes en novembre, puis d’un million de tonnes supplémentaires. D’autres cargaisons importantes sont prévues pour novembre par la suite. Toutefois, les experts consultés estiment ces quantités dérisoires face aux besoins mondiaux. Patrick De Haan, responsable de l’analyse pétrolière chez GasBuddy, a rappelé que la première cargaison de 300 000 tonnes ne représente qu’environ un jour et demi de la consommation habituelle aux États-Unis.

TRUMP DÉFEND L'ACCORD D'IMPORTATION DE DIESEL RUSSE

Neil Atkinson a déclaré selon CNBC : « Cela ne pèse même pas lourd dans la balance, c’est très, très peu. »

Du côté de Goldman Sachs, les estimations indiquent que les volumes prévus pour octobre et novembre ne réduiraient les prix de gros que d’un à deux dollars par baril sur la côte du Golfe des États-Unis et en Europe. Daniel Hynes, stratégiste senior en matières premières chez ANZ, a souligné que les volumes ne feront pas grand-chose à moyen ou long terme sur la tendance générale des marchés.

Trump deal for Russian diesel fuel draws criticism

La licence temporaire du Trésor et l’opposition bipartisane au Congrès

La mesure vise à permettre à Moscou de vendre du carburant au reste de la planète sans que le produit ne soit directement destiné aux États-Unis, le pays étant un exportateur net. Un groupe bipartisane de sénateurs américains a cependant écrit au président pour exiger l’annulation de l’accord, le qualifiant de cadeau à un adversaire et de trahison envers les alliés ukrainiens.

Les sénateurs ont affirmé selon India Today : « Cet accord est un cadeau à notre adversaire et une trahison envers nos alliés ; il doit être annulé. »

Diesel russe : Trump défend un accord critiqué par les experts
Photo : newsweek.com

Les parlementaires estiment que l’entente n’apportera qu’un soulagement négligeable aux automobilistes américains tout en fournissant au Kremlin des revenus supplémentaires pour financer ses opérations militaires. La controverse s’inscrit dans un climat politique déjà tendu, le Congrès ayant voté le mois précédent une loi de sanctions rigoureuses contre la Russie et l’Iran.

Trump defends Russian diesel fuel deal amid bipartisan criticism

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