La reprise des frappes ukrainiennes contre les raffineries de pétrole russes met fin à une trêve de courte durée et creuse les tensions avec Washington. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a ouvertement critiqué l’administration américaine, dénonçant un accord diesel conclu entre Donald Trump et Vladimir Putin.
L’Ukraine a officiellement mis un terme à sa pause de quelques jours dans les frappes ciblant les infrastructures pétrolières russes. Un raffinage situé dans la région de Rjazan, à environ 200 kilomètres au sud-est de Moskva, a été touché par une attaque de drones et de missiles confirmée par les autorités ukrainiennes via l’AFP, tandis que selon l’agence russe Ria, l’installation a été touchée dans une attaque de drones.
Cette offensive marque la fin de la suspension unilatérale décidée par Kiev après que le président américain Donald Trump a affirmé que l’Ukraine et la Russie s’étaient entendues sur un cessez-le-feu énergétique. Si ni Moscou ni Kiev n’avaient validé l’existence d’un tel pacte, l’Ukraine avait suspendu ses actions contre les installations pétrolières russes, tandis que les bombardements russes sur les sites énergétiques ukrainiens s’étaient poursuivis.
Les critiques directes de Zelensky contre les relations entre Trump et Putin
La décision de reprendre les bombardements s’accompagne d’une violente charge verbale de Volodymyr Zelensky contre la politique américaine. Interrogé par le journal Financial Times, le dirigeant ukrainien a affirmé que Donald Trump affichait une attirance marquée pour les autocrates et les super-riches, estimant selon la retranscription de tv4.se qu’il parle ouvertement et hautement de son amour pour de telles personnes et de son respect pour elles, car il considère que des personnes capables d’être leaders pendant 20, 30 ou 40 ans sont très fortes.
La colère de Kiev trouve son origine dans un accord récent. La semaine précédente, Donald Trump s’est entretenu avec le président russe Vladimir Putin, levant temporairement les sanctions pesant sur l’exportation de diesel russe et concluant un accord pour des livraisons de carburant vers les États-Unis. Frågan är när nästa affär kommer att äga rum? Kanske handlar det om gas. Det kommer definitivt att handla om gas, a-t-il mis en garde selon tv4.se, dénonçant des transactions qui renforcent l’économie russe en plein conflit.
Blockeringen är borta. Vi är klara Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine, via Financial Times et tv4.se
La riposte verbale de Donald Trump et la confrontation militaire sur le terrain
Dans une interview accordée à Newsmax et relayée par Kyiv Independent ainsi que par svt.se et tv4.se, Donald Trump a sévèrement jugé son homologue ukrainien : Zelenskyj är ingen bra kille för oss att ha att göra med — estimant qu’il n’est pas un bon gars avec qui nous devons traiter, qu’il ne fait pas assez pour mettre un terme à la guerre, et ajoutant qu’il ne l’aime pas particulièrement et qu’ils ont détruit ce pays.
Sur le terrain, l’intensité des combats ne faiblit pas. Le Kremlin a qualifié l’attaque menée à Rjazan d’acte contraire aux efforts de paix impulsés par Washington, un point sur lequel di.se rapporte que le styret en Kreml a accusé l’attaque ukrainienne d’aller à l’encontre des efforts de paix initiés par les États-Unis. En parallèle, l’armée ukrainienne a revendiqué la destruction de six avions de chasse et de bombardement de type Suchoj Su-34 sur un aérodrome militaire situé à Borisoglebsk, dans la région russe de Voronezj, selon un message publié sur X par la marine ukrainienne.

Les représailles russes ont également touché des zones résidentielles et des nœuds logistiques. Des frappes nocturnes ont coûté la vie à au moins trois personnes à Kropyvnytskyj, dans la région de Kirovohrad, sous les tirs visant des logistiknav (carrefours logistiques) et des bâtiments industriels selon le gouverneur Andrij Rajkovytj (di.se), tandis que deux autres civils ont péri dans des bombardements de zones résidentielles dans le district de Dnipro, d’après The Kyiv Independent (di.se). Du côté russe, le ministère de la Défense a affirmé avoir stoppé 644 drönare ukrainiens au cours de la nuit au-dessus de 26 régions, de la Crimée occupée et de la mer Noire.
Le malaise diplomatique des dirigeants européens à Bruxelles
Les déclarations enflammées de Volodymyr Zelensky prennent de court les capitales européennes à la veille d’un sommet à Bruxelles. D’après les informations recueillies par le Financial Times, les dirigeants de l’Union européenne s’apprêtent à demander au président ukrainien de modérer ses attaques verbales envers l’administration américaine pour préserver l’alliance occidentale.
Officiellement, toutefois, Bruxelles renvoie dos à dos les pressions exercées sur Kiev. Interrogée avant le sommet, la haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, a rappelé la ligne européenne : Nous devrions faire pression sur l’agresseur pour mettre fin à la guerre et ne pas faire pression sur la victime pour qu’elle capitule, soulignant le désaccord persistant entre l’approche européenne et la stratégie diplomatique menée par Washington à l’approche des élections de mi-mandat aux États-Unis.
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