Les cours du pétrole ont franchi des sommets en cinq mois ce vendredi, stimulés par les tensions au Proche-Orient. Cette flambée énergétique pèse lourdement sur les marchés boursiers mondiaux, qui peinent à se redresser après une forte correction des valeurs technologiques liée aux investissements massifs dans l’intelligence artificielle.
La semaine boursière s’achève dans la tourmente. Les places financières mondiales encaissent de plein fouet une double pression conjuguant l’envolée des cours de l’or noir et les doutes croissants des investisseurs quant à la rentabilité immédiate des dépenses colossales consacrées à l’intelligence artificielle. Les indices américains ont ouvert en baisse ce vendredi, prolongeant la correction amorcée la veille.
La flambée du pétrole au-delà de 115 dollars sous la pression géopolitique
Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre a grimpé jusqu’à 115,45 dollars, franchissant un seuil inédit depuis le mois de mai. De son côté, le brut américain a progressé de 2,56 % pour s’établir à 102,02 dollars.
La situation sécuritaire régionale alimente toutes les craintes. Des attaques répétées des rebelles houthis du Yémen en Arabie saoudite, couplées à un déversement pétrolier signalé par les autorités des Émirats arabes unis, font redouter des perturbations durables sur l’approvisionnement énergétique mondial, comme le rapporte Reuters.

Mais aussi, nous continuons à être dans une place où choses ont l’air d’aller en s’empirant, non en s’améliorant, au Moyen-Orient. Cela pousse les prix de l’énergie à la hausse, ce qui va manifestement finir par constituer un frein significatif pour l’activité économique.
Art Hogan, stratège en chef des marchés chez B. Riley Wealth à Boston, via Reuters
Wall Street recule dans le sillage de la tech et des craintes sur l’IA
La Bourse de New York subit de plein fouet ces incertitudes macroéconomiques. Vers 14H00 GMT, le Dow Jones cédait 1,02 %, l’indice élargi S&P 500 reculait de 0,42 %, et le Nasdaq, à forte coloration technologique, lâchait 0,12 %, selon les données relevées par Le Figaro. La veille, le Nasdaq avait enregistré sa pire séance depuis juin.
Cette nervosité découle en grande partie des annonces de Meta, la maison mère de Facebook et Instagram. Le groupe a fait part de besoins de financement colossaux se chiffrant en centaines de milliards de dollars sur plusieurs années pour propulser ses infrastructures d’intelligence artificielle. Les marchés redoutent que ces investissements massifs ne pèsent durablement sur les valorisations du secteur.
Les résultats solides ne suffisent plus si les perspectives ne correspondent pas à une valorisation déjà exigeante. Les investisseurs deviennent beaucoup moins indulgents.
Fawad Razaqzada, analyste de marchés chez FOREX.com, via l’Agence France-Presse
Impacts sectoriels et résultats d’entreprises en demi-teinte
Au-delà des géants technologiques, plusieurs grands groupes mondiaux payent un lourd tribut aux conditions économiques actuelles. En France, le groupe de luxe Kering a vu son action chuter de plus de 16 % à la Bourse de Paris, pénalisé par des résultats trimestriels qui n’ont pas dissipé les inquiétudes quant à la relance de sa marque phare, Gucci.
Le fabricant automobile a riposté par l’annonce d’un plan d’économies de cinq milliards de couronnes, entraînant la suppression d’environ 2 000 emplois en Suède et 500 autres à travers le monde.
Aux États-Unis, la société de services financiers American Express a reculé après avoir annoncé la suppression d’environ 5 % de ses effectifs mondiaux. Son directeur général a souligné que l’entreprise disposait d’une bonne dynamique mais devait se transformer en une organisation plus agile et efficace, ainsi que le rapporte Reuters.
Tensions sur les marchés obligataires et perspectives monétaires
Face à la persistance de l’inflation nourrie par la flambée des cours pétroliers, les rendements obligataires repartent à la hausse. Le taux d’intérêt à dix ans de la dette souveraine américaine s’établissait à 4,99 %, contre 4,95 % à la clôture précédente, selon les observations de Le Figaro.
Les investisseurs tournent désormais leur regard vers les prochaines réunions de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) et de la Banque centrale européenne (BCE). Les marchés anticipent majoritairement un statu quo monétaire, tout en guettant le moindre indice sur la trajectoire future des taux d'intérêt alors que les tensions inflationnistes se ravivent.
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