Une campagne d’attaques de colons israéliens perturbe la récolte des olives en Cisjordanie occupée, marquant le début de la saison par des violences contre des agriculteurs palestiniens, des journalistes et des diplomates européens. Selon les informations rapportées en octobre 2026, ces violences se déroulent sous le regard des autorités.
Une recrudescence des attaques lors de la récolte des olives en Cisjordanie
La saison de la récolte des olives en Cisjordanie occupée est marquée par une vague sans précédent d’agressions menées par des colons masqués. Les champs d’oliviers, qui constituent à la fois une source vitale de revenus et un symbole d’ancrage pour les familles palestiniennes, sont le théâtre d’affrontements quotidiens depuis le début de la saison en début d’octobre.
L’organisation israélienne des droits de l’homme Yesh Din a documenté plus de 530 incidents de violences commises par des colons et des soldats, incluant la destruction d’arbres, le vol de récoltes et des agressions physiques directes. Plus de 130 de ces incidents ont impliqué des violences physiques contre les harveurs, tandis que le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) a recensé plus de 1 600 attaques à travers le territoire.
The killing and violence Israel is responsible for are escalating across the West Bank. But the Elimination Project that Israel is carrying out goes far beyond that. As our head of field research Kareem Jubran explains, it is about dismantling the conditions that allow… pic.twitter.com/kJWi8cJK6b
L’agression de la photojournaliste Heidi Levine à Abu Falah
La violence a atteint un niveau critique le 16 octobre 2026, lorsque des dizaines de colons ont pris d’assaut des agriculteurs palestiniens dans le village d’Abu Falah, au nord de Ramallah. La photojournaliste du Washington Post Heidi Levine, qui documentait la récolte, a été violemment jetée au sol et rouée de coups par une foule de colons masqués.
Levine a subi quatre vertèbres fracturées, deux côtes cassées et quatre blessures par perforation. Elle a souligné que son équipement de protection, notamment son casque et son gilet portant la mention PRESS, lui a probablement sauvé la vie. D’autres journalistes et observateurs présents ont également été pris pour cible au cours de cette journée.
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Je m’étais couchée le visage contre terre pour me protéger, et ils n’arrêtaient pas de me frapper à coups de pied et de bâton.
Heidi Levine, photojournaliste du Washington Post, via CNN
L’intervention des jeunes palestiniens et les arrestations contestées
La vie de la journaliste a été épargnée grâce à l’intervention de jeunes Palestiniens. Des témoins ont rapporté que des habitants locaux, utilisant des frondes pour lancer des pierres, ont formé un bouclier protecteur pour repousser les assaillants et permettre aux journalistes de s’échapper. C’était comme une bataille biblique
, a décrit Levine au sujet du courage des jeunes hommes.
Quelques jours plus tard, le 17 octobre 2026, des colons ont également attaqué une délégation diplomatique européenne en visite dans la ville chrétienne de Taybeh, blessant notamment le maire français Bernard Baudoux. Face à la pression internationale, les autorités israéliennes ont arrêté dix suspects, mais un tribunal de Jérusalem a rapidement ordonné la remise en liberté de neuf d’entre eux en assignation à résidence, l’avocat de la défense qualifiant ces interpellations de mesures destinées à satisfaire la pression médiatique et les intérêts étrangers.

Le soutien financier et politique aux avant-postes illégaux
Des experts et des organisations non gouvernementales soulignent que ces actes ne constituent pas des incidents isolés, mais s’inscrivent dans une politique d’expansion des avant-postes en Cisjordanie. Selon le cartographe et expert des frontières Khalil Tafakji, les avant-postes servent à étendre le contrôle israélien tout en réduisant l’espace vital palestinien. L’ONG Yesh Din indique qu’au moins 75 millions de shekels (environ 20m de dollars) ont été canalisés par le gouvernement vers ces infrastructures de sécurité, tandis que les données de Yesh Din montrent que 94 % des enquêtes policières sur les violences de colons menées entre 2005 et 2023 ont été closes sans inculpation.
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