Le NHS lance des kits de dépistage à domicile pour le cancer du col de l’utérus en Angleterre, ciblant près de quatre millions de femmes qui n’ont pas répondu aux convocations traditionnelles. Cette mesure vise à éliminer la maladie d’ici 2040 en levant les barrières telles que l’embarras ou le manque de temps.
Près de quatre millions de femmes en Angleterre qui n’ont pas assisté à leurs rendez-vous de dépistage du col de l’utérus vont recevoir une alternative à la maison. Le NHS déploie des kits d’autodépistage du papillomavirus humain, plus communement appelé HPV, afin de lever les obstacles qui éloignent une partie de la population des cliniques et des cabinets médicaux.
Le dispositif s’adresse en priorité aux femmes qui n’ont pas mis à jour leurs examens de routine après avoir reçu les invitations habituelles. Les autorités sanitaires espèrent ainsi combler le retard accumulé dans les programmes de prévention et encourager la participation de profils souvent moins assidus.
Fonctionnement des kits à domicile et suivi médical
Le matériel envoyé se compose d’un écouvillon, semblable à un long coton-tige, qui permet de recueillir un échantillon vaginal de manière autonome. Par voie postale pour y être analysé à la recherche de souches de HPV à haut risque.
Si un virus de type HPV à haut risque est détecté, la patiente reçoit une invitation pour un rendez-vous de suivi. Un professionnel de santé réalise alors un prélèvement directement sur le col de l’utérus dans un cabinet de médecin généraliste ou dans une clinique de santé sexuelle afin de vérifier l’absence de modifications cellulaires.
Le Dr Sue Mann, directrice clinique nationale pour la santé des femmes, a déclaré que proposer à des millions de femmes un test alternatif qu’elles peuvent réaliser dans le confort de leur foyer changerait la donne, en leur facilitant plus que jamais l’accès au dépistage.
Les responsables de la santé publique rappellent que la présence d’un HPV à haut risque n’entraîne pas automatiquement l’apparition d’un cancer, mais qu’elle élève le niveau de risque et nécessite une surveillance rapprochée. Les examens cliniques traditionnels demeurent la référence pour prévenir la maladie, et les femmes qui reçoivent une convocation peuvent toujours réserver une consultation classique, quel que soit le délai écoulé depuis la première invitation.
L’objectif de l’élimination du cancer d’ici 2040 et l’impact des essais cliniques
Cette initiative s’inscrit dans un plan de plus grande envergure soutenu par les autorités pour éliminer le cancer du col de l’utérus d’ici 2040, en combinant la vaccination des adolescents contre le HPV et l’amélioration de la participation au dépistage. Les statistiques récentes montrent que environ deux-tiers des femmes éligibles sont à jour dans leurs contrôles, un chiffre inférieur à l’objectif fixé par le NHS England.
Le déploiement national s’appuie sur les conclusions de l’essai YouScreen mené en 2021 par des alliances anticancéreuses du nord de Londres en collaboration avec le NHS England et le King’s College London. Cette étude avait démontré que la mise à disposition de kits d’autodépistage pouvait augmenter le nombre de personnes testées d’environ 400 000 par an en Angleterre.
Le comité national de dépistage du Royaume-Uni a utilisé ces données pour recommander l’élargissement du dispositif. Les autorités soulignent que ce format s’adresse particulièrement aux populations qui manquent régulièrement leurs rendez-vous, parmi lesquelles les femmes plus jeunes, les personnes issues de minorités ethniques, les personnes en situation de handicap et les communautés LGBT+.
Modalités de réception et perspectives politiques
Les invitations sont acheminées par le biais de l’application mobile du NHS, par message texte, par courrier électronique ou par lettre postale. Une fois l’invitation reçue, il devient possible de commander le kit gratuitement via les services en ligne du système de santé.

Le secrétaire d’État à la Santé et aux Soins sociaux, Wes Streeting, a insisté sur la volonté de moderniser l’approche sanitaire pour l’adapter aux modes de vie des administrés, tandis que Yvette Cooper a rappelé que cette pathologie demeure évitable lorsque les contrôles sont effectués à temps.
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