La NASA a dévoilé une nouvelle visualisation de la Terre sous la forme d’un modèle de géoïde, illustrant la forme du champ gravitationnel de la planète. Loin de l’image classique de la “Bille Bleue”, ce modèle révèle des bosses et des dépressions irrégulières provoquées par les variations de la distribution de la masse terrestre.
Pour rendre ces variations visibles, la NASA a créé une version exagérée du géoïde où les hauteurs sont multipliées par un facteur de 10 000. Ce travail a été réalisé par le visualiseur Mark SubbaRao et le conseiller scientifique Scott Luthcke, tous deux du Goddard Space Flight Center (GSFC) de la NASA. Le modèle peut être imaginé comme la surface qu’adopterait un océan mondial si elle était déterminée uniquement par la rotation et la gravité de la Terre.
Une base de données issue de 15 ans d’observations
Cette représentation s’appuie sur des modèles et des données provenant de satellites capables de détecter d’infimes différences de gravité selon les lieux. Le jeu de données utilisé comprend un milliard d’observations collectées sur une période de 15 ans. En plus de la visualisation, la NASA a partagé une vidéo ainsi qu’un modèle 3D interactif.
Applications scientifiques et climatiques
Au-delà de l’aspect visuel, la mesure de la gravité est un outil essentiel pour la NASA et l’Agence spatiale européenne. À travers le programme Gravity Recovery and Climate Experiment (GRACE), des satellites surveillent le champ gravitationnel pour analyser la fonte des glaces. Selon les données de la NASA, le Groenland a perdu annuellement 264 gigatonnes de glace entre 2002 et 2025, tandis que l’Antarctique en a perdu environ 135 gigatonnes par an sur la même période.
Les observations GRACE permettent également de suivre les sécheresses et la perte d’eaux souterraines. Les données indiquent un épuisement à long terme des nappes phréatiques dans l’ouest des États-Unis. Elles ont également mis en évidence la sécheresse extrême alimentant les incendies cet été en France et en Espagne. À ce sujet, une analyse de l’Université du Nebraska révèle que l’humidité des sols et les eaux souterraines peu profondes atteignent ou approchent des niveaux historiquement bas dans certaines parties de cette région.
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