Le Premier ministre britannique Andy Burnham a exhorté le dirigeant du Parti vert Zack Polanski à annuler une motion adoptée en congrès à Brighton qui qualifie le sionisme de racisme, qualifiant cette décision de « complètement fausse » et de « terrible jugement ».
Le Parti vert adopte une motion controversée sur le sionisme
Réunis lors de leur congrès annuel à Brighton, les membres du Parti vert d’Angleterre et du pays de Galles ont adopté une motion controversée qualifiant le sionisme de racisme par 1 022 voix pour et 813 contre. Le texte définit le sionisme comme un projet politique ethnonationaliste
tout en affirmant que l’antisionisme ne doit pas être assimilé à l’antisémitisme, selon le compte rendu de l’agence et les précisions du parti.
Le texte réaffirme l’engagement de la formation en faveur de la libération palestinienne, le droit au retour, le mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS) et un embargo complet sur les armes contre Israël
.
Il soutient également la création d’un État démocratique unique dans l’ensemble de la Palestine historique avec Jérusalem pour capitale
.
De son côté, le chef du parti Zack Polanski n’a pas pris part au vote, s’étant absenté du congrès pour se concentrer sur sa campagne électorale dans la circonscription de Holborn et St Pancras.

Andy Burnham et Sir Tony Blair condamnent la décision de Brighton
Depuis Berlin, le Premier ministre britannique Andy Burnham a exigé que la direction du Parti vert revienne sur cette décision, qu’il juge incompatible avec la perspective d’une solution à deux États au Proche-Orient.
Le chef du gouvernement a estimé que le texte ne devait en aucun cas être soutenu et a appelé à son annulation pure et simple pour qu’il cesse d’être la politique officielle du parti.
Il a averti le Parti travailliste de ne pas céder à la tentation d’une alliance électorale de la gauche avec les Verts, qualifiant la motion adoptée à Brighton de ligne dangereuse et de signal fort qui équivaut à nier le droit d’existence de l’État d’Israël, ainsi que le rapporte la presse britannique.
Ce week-end, le Parti vert d’Angleterre et du pays de Galles a franchi une ligne. Une ligne dangereuse. Une ligne qu’il est inacceptable de franchir.

Phil Davies quitte le parti après le vote de Brighton
Phil Davies, le vice-président du Parti vert gallois, a annoncé sa démission après sept ans d’engagement, expliquant que le vote de Brighton avait accéléré une décision qu’il mûrissait depuis plusieurs mois.
En parallèle, les critiques se sont multipliées quant à la gestion interne du parti, plusieurs figures historiques exprimant leur malaise face à l’orientation prise par la base militante. L’ancien co-dirigeant Adrian Ramsay a notamment refusé d’écarter un éventuel départ de la formation, déclarant qu’il ne s’interdisait aucune option à ce stade.
Face aux interpellations, Zack Polanski a fini par réagir par voie de communiqué. Le dirigeant vert, qui est lui-même de confession juive, a affirmé que sa formation refuserait toute exclusion fondée sur la religion ou l’appartenance communautaire.
“En tant que dirigeant, je n’accepterai aucune exclusion ou refus de dialoguer avec quiconque en raison de l’organisme religieux ou communautaire dont il fait partie.”
Zack Polanski, dirigeant du Parti vert
Il a ainsi réaffirmé l’engagement de son parti en faveur d’une politique d’inclusion totale, refusant toute forme de discrimination basée sur les convictions religieuses ou communautaires des membres, tandis que les porte-parole du mouvement ont rejeté les critiques en soulignant l’attachement historique de l’organisation à la justice et au respect des droits humains.
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