Le dirigeant du Green Party, Zack Polanski, a exclu toute exclusion au sein de sa formation politique après l’adoption d’une motion qualifiant le sionisme de racisme lors du congrès de Brighton. Cette décision provoque de vives tensions internes, des condamnations d’autorités religieuses et politiques ainsi qu’une interdiction d’entrée en Israël pour le chef de file des Verts.
L’adoption d’une motion controversée au congrès de Brighton
Réunis en congrès à Brighton, les membres du Green Party ont validé une motion marquant un tournant idéologique majeur. Le texte adopté qualifie le sionisme de forme de racisme et définit le mouvement comme une idéologie soutenant un État juif ethnonationaliste. Le vote, arraché par un groupe de militants de la base, a recueilli 1 022 voix pour et 813 contre.
La résolution décrit la manifestation concrète du sionisme comme l’historique et continue déshumanisation, déplacement, dépossession, privation de droits et destruction des Palestiniens. Face aux interrogations sur l’avenir des membres de la formation, l’ancienne conseillère Salma Yaqoob a écarté toute mesure d’exclusion visant les adhérents en raison de leurs sensibilités.
Les déclarations de Zack Polanski et la fracture au sommet du parti
Zack Polanski a déclaré que l’antisémitisme et la critique de l’État israélien sont, et doivent toujours être, totalement distincts — brouiller la frontière entre les deux est non seulement erroné mais antisémite, et met davantage en danger les personnes juives, selon Newarkadvertiser.
Cette position tranche avec la réaction de l’appareil parlementaire. Quatre des cinq députés verts ont publiquement rejeté la motion, tandis que le vote a mis en lumière des divisions profondes entre la base élargie du parti et ses élus siégeant au Parlement. Ellie Chowns a confié sa profonde tristesse tout en précisant que le texte relevait d’une opposition aux actions gouvernementales israéliennes plutôt que d’un sentiment haineux, suggérant par ailleurs une révision des processus internes puisque moins de 1 % des plus de 200 000 membres du parti ont participé au scrutin.
Plaintes politiques et rédactions de signalements auprès des autorités
La répercussion politique ne s’est pas fait attendre à Westminster. Plus d’une douzaine de députés travaillistes ont saisi la Commission de l’égalité et des droits de l’homme (EHRC) un lundi pour lui demander d’examiner de graves questions, soulignant que les membres ont rejeté un amendement destiné à empêcher l’utilisation de la motion pour faire pression, proscrire ou discipliner des adhérents en raison de leurs liens avec des synagogues ou des groupes juifs se revendiquant sionistes.

Parallèlement, neuf députés travaillistes ont demandé à la police de Sussex d’enquêter pour déterminer si de potentiels délits antisémites commis lors de la conférence justifiaient l’ouverture d’une enquête criminelle. La police de Sussex ainsi que le parti ont été contactés pour commentaires, tandis que l’EHRC a indiqué qu’elle examinerait chaque plainte avec soin sans avoir ouvert d’enquête à ce stade, réaffirmant par ailleurs son rôle de régulateur de la législation sur l’égalité en Grande-Bretagne.
Condamnations religieuses et distances prises par les instances européennes
Les réactions des institutions spirituelles et des structures alliées ont été immédiates. Le Board of Deputies of British Jews a abondé dans le même sens, estimant que la formation a adopté un texte constituant une agression caractérisée contre la communauté juive.
De son côté, le Parti vert européen a fait savoir qu’il souhaitait se distancier sans équivoque de ces choix programmatiques, réclamant des éclaircissements immédiats sur la protection des minorités concernées.
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