Aurélien Lechevallier, le nouvel ambassadeur de France à Washington, a obtenu mardi son agrément des autorités américaines, selon un responsable du département d’État, mettant ainsi fin à plusieurs semaines de blocage. La prise de poste du diplomate était entravée depuis la fin du mois de juillet en raison d’une brouille diplomatique entre les deux pays. Son arrivée à Washington est désormais attendue dans les prochaines semaines, tandis que Laurent Bili, l’ambassadeur sur le départ, reste en poste pour assurer l’intérim.
Fin de la crise diplomatique et obtention de l’agrément
L’origine de la tension : un message sur les réseaux sociaux
Le différend trouve son origine le 24 juillet, lorsque la mission de la France auprès des Nations Unies à Genève a publié un message sur le réseau social X. La publication critiquait vertement un vote américain à l’Assemblée générale de l’ONU, où Washington figurait parmi les dix pays à s’opposer au renouvellement du mandat du Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk. Le texte initial déclarait notamment que les États-Unis étaient autrefois un modèle en matière de droits humains. Ce n’est plus le cas
, qualifiant le pays d’isolé aux côtés de nations comme la Corée du Nord, le Nicaragua, le Mali et la Russie.
La riposte de Washington et le blocage de la nomination
La réaction américaine ne s’est pas fait attendre. Le 27 juillet, la délégation américaine a quitté une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU au moment où l’ambassadeur français Jérôme Bonnafont prenait la parole. L’ambassadeur américain adjoint, Dan Negrea, avait alors justifié ce départ en dénonçant des commentaires qualifiés d’hypocrites
et en affirmant qu’un membre du Conseil jouait l’indignation morale et prétendait donner des leçons sur des questions non liées à la paix et à la sécurité, comme les droits humains. Par la suite, Washington a bloqué la procédure d’agrément d’Aurélien Lechevallier, actuel chef de cabinet du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.

Un apaisement diplomatique et un communiqué de clarification
Pour sortir de cette crise inédite entre alliés, des discussions ont été entamées. La Mission permanente de la France auprès des Nations unies à Genève a publié un communiqué rédigé en anglais seulement, soulignant que la divergence entre les deux nations portait sur un seul vote et ne concernait pas la défense des droits humains
. Un responsable du département d’État a indiqué apprécier
ce geste, ouvrant ainsi la voie à l’obtention de l’agrément nécessaire pour que l’ambassadeur puisse exercer ses fonctions, une démarche qui constitue habituellement une simple formalité entre les deux pays.
À lire aussi