À la suite de négociations brisées à Washington, les États-Unis et le Canada s’enfoncent dans une grave escalade commerciale.
L’effondrement des négociations à Washington et le clash des visions
La tentative de conciliation menée le week-end dernier dans la capitale fédérale américaine s’est soldée par un échec retentissant. Après une brève prolongation de trois jours accordée par la Maison-Blanche, les discussions ont volé en éclats sur fond d’incompréhensions techniques et d’exigences jugées excessives par les autorités canadiennes. Selon l’ambassadeur canadien aux États-Unis, Mark Wiseman, le fossé s’est creusé en raison de divergences profondes entre le texte écrit et ce que le gouvernement de Toronto pensait avoir validé verbalement, un phénomène d’incompréhension qu’il qualifie de constant dans les relations bilatérales.

Du côté canadien, le premier ministre Mark Carney a dénoncé un erreur de valutazione face à ce qu’il qualifie de demandes antieconomiche et ingiuste de la part de l’administration américaine. Le dirigeant a affirmé que le Canada s’était dit prêt à faire d’importants compromis sur l’acier, l’aluminium, les véhicules ainsi que sur l’ouverture de son marché aux vins et spiritueux d’outre-frontière. L’obstacle infranchissable serait venu d’une série de exigences de dernière minute de Washington, touchant notamment aux avantages accordés aux véhicules canadiens et aux pactes commerciaux d’Ottawa avec le reste du monde.
La perspective de Washington est diamétralement opposée. Le responsable au commerce américain, Jamieson Greer, attribue la responsabilité de la crise à une année de mesures de rétorsion de la part du voisin du Nord. Tout en affirmant que les États-Unis avaient proposé des concessions sur les automobiles, le bois d’œuvre et l’acier, Greer a indiqué qu’aucun nouveau colloque n’était planifié avec les négociateurs canadiens, martelant que l’exécutif américain répondrait fermement à toute riposte.
Une guerre tarifaire de part et d’autre de la frontière
La riposte d’Ottawa ne s’est pas fait attendre. Le premier ministre canadien a promis une réplique ferme, résumée par la formule dollaro per dollaro.

Cette escalade verbale s’accompagne de tensions directes sur les ressources énergétiques.
Ruée sur les produits de première nécessité et impact pour les consommateurs
Sur le terrain, les répercussions de ce bras de fer se font déjà ressentir chez les consommateurs. Aux États-Unis, une véritable course à l’achat de biens de première nécessité s’est amorcée, avec en première ligne la carta igienica o semilavorati per fazzoletti, des articles qui compteront parmi les plus lourdement taxés à compter du 8 septembre.
Malgré ces coussins de sécurité, les analystes économiques redoutent une répercussion directe sur les prix à la consommation dans les deux pays, ainsi qu’une fragilisation durable de l’accord de libre-échange nord-américain USMCA, qui constitue la charnière de l’industrie manufacturière du continent.
Le premier ministre Carney a concédé que la configuration des relations internationales nord-américaines avait franchi un point de non-retour, affirmant que l’America è cambiata et que la confiance historique unissant les deux nations alliées se trouve désormais profondément ébranlée.
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