Cette initiative, marquée par le coup d’envoi d’une centrale solaire à Maun en avril 2026, vise à éliminer la dépendance énergétique du Botswana et à transformer le pays en pôle régional.
Le partenariat énergétique entre le Botswana et le sultanat d’Oman franchit une nouvelle étape décisive. Alors que le président botswanais Duma Gideon Boko cherche à tourner la page d’une décennie de difficultés d’approvisionnement, les deux nations intensifient leurs liens économiques à travers des investissements massifs dans les énergies renouvelables et l’exploration minière.
Le projet solaire de Maun et la coopération énergétique globale
La concrétisation la plus visible de cette alliance bilatérale s’est déroulée en avril 2026.
Ce chantier pharaonique porte sur une capacité de 500 mégawatts, associée à un système de stockage par batterie d’une capacité équivalente. Ce dernier ambitionne de développer jusqu’à 3 000 mégawatts de capacités renouvelables dans le pays.
Ceci n’est pas seulement un projet, le Botswana est en passe de devenir un pôle régional pour la production d’énergie solaire. Duma Gideon Boko, président du Botswana, lors de la cérémonie à Maun
La modernisation du complexe charbonnier de Morupule
Pour l’exécutif botswanais, la diversification vers le solaire répond à une urgence structurelle. Le pays dépend encore très largement du charbon, qui assure 97 pour cent de sa production électrique, tandis que la Banque mondiale qualifie l’approvisionnement national de de plus en plus précaire et sans fin apparente en raison des pannes répétées du complexe de Morupule B.

Pour remédier à cette vulnérabilité, le gouvernement a scellé en novembre 2025 un partenariat stratégique d’une valeur dépassant 40 milliards de pula avec un consortium d’investisseurs internationaux regroupant Thirty-Five Global Links, Mercuria Asia Holdings, Ulsan Holdings et Innovation Global Industries. Cet accord prévoit de prolonger la durée de vie de la centrale Morupule A et d’amener la tranche Morupule B à un niveau d’efficacité supérieur à 95 pour cent.
Les autorités estiment que la réussite de ces chantiers permettra non seulement de cesser les importations en provenance de l’Afrique du Sud et du Mozambique — lesquelles coûtent chaque année environ 3 milliards de pula au pays —, mais aussi de dégager un excédent exportable atteignant 750 mégawatts.
Diplomatie économique et ouverture des frontières
Au-delà du secteur électrique, la relation entre Mascate et Gaborone s’est considérablement élargie à la faveur de visites diplomatiques successives.

Pour fluidifier ces flux commerciaux et humains, Gaborone a décidé le 28 juillet 2026 d’exempter de visa les détenteurs de passeports omanis pour des séjours allant jusqu’à 90 jours, tout en prévoyant l’ouverture prochaine d’une ambassade botswanaise à Mascate.
Du côté omanais, les dirigeants saluent une dynamique portée au plus haut niveau de l’État. Abdulsalam bin Mohammed al Murshidi, président de l’Oman Investment Authority, a souligné que les deux nations s’appuient désormais sur des investissements conjoints solides. Faisal bin Abdullah al Rawas, président de la Chambre de commerce et d’industrie d’Oman, a de son côté insisté sur les opportunités majeures ouvertes dans l’agriculture, le tourisme, la logistique et la sécurité alimentaire.
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