Le gouvernement argentin a exprimé son rejet catégorique de la publication par le Royaume-Uni d’une guide sur les affaires dans les îles Malvinas, qu’il qualifie de tentative de promotion d’activités commerciales illégitimes dans l’archipel disputé du Atlantique Sud.
La tension diplomatique entre Buenos Aires et Londres a franchi un nouveau palier ce mois-ci. Alors que le gouvernement de Javier Milei durcit son arsenal de sanctions contre les entreprises impliquées dans l’exploitation d’hydrocarbures autour de l’archipel, le Royaume-Uni a riposté en publiant un document officiel visant à rassurer les investisseurs et à affirmer sa souveraineté sur ces territoires.
La Chancellerie argentine dénonce une initiative illégitime
Dans un communiqué diffusé par la diplomatie argentine, le pays sud-américain a formalisé son opposition absolue au texte britannique intitulé « Hacer negocios con las Islas Malvinas ». Le ministère des Affaires étrangères, Commonwealth et Développement du gouvernement britannique, connu sous le nom de FCDO, soutient dans ce document que la législation argentine ne s’exerce ni sur les îles ni sur les compagnies qui y mènent des activités.

Buenos Aires rappelle pour sa part que les archipels et les espaces maritimes adjacents font partie intégrante de son territoire national et se trouvent occupés de manière illégitime depuis 1833. L’exécutif argentin s’appuie également sur la résolution 31/49 de l’Assemblée générale des Nations unies, qui enjoint aux deux nations de s’abstenir d’introduire des modifications unilatérales dans la région tant qu’une solution pacifique n’aura pas été trouvée.
Un plan d’action judiciaire et des sanctions ciblées contre les pétrolières
La fronde argentine ne se limite pas à des communiqués diplomatiques. Depuis l’accélération des mesures annoncées par la présidence argentine, la Chancellerie a dépêché environ 180 notes de mise en garde et d’assunsion de risques auprès d’entreprises et d’investisseurs localisés dans 30 pays différents. Soixante procédures administratives ont été ouvertes, tandis que trois plaintes pénales ont été déposées devant des tribunaux argentins contre dix compagnies pétrolières ainsi que leurs dirigeants.


Ces procédures ciblent en particulier les acteurs engagés dans le projet d’extraction de pétrole Sea Lion
, situé à 220 kilomètres au nord de l’archipel. Ce projet est mené par la compagnie israélienne Navitas Petroleum et sa partenaire britannique Rockhopper Exploration, dont la décision finale d’investissement a été entérinée à la fin de l’année 2025. Des mesures similaires touchent également la société canadienne JHI Associates et son actionnaire Eco Atlantic Oil & Gas.
Le gouvernement de Javier Milei a également ouvert des procédures contre 45 personnes physiques et morales en application du décret 868/2026. Les autorités ont averti que les entreprises choisissant de participer à ces opérations devront arbitrer entre leurs activités aux îles Malvinas et des contrats dans le gisement non conventionnel de Vaca Muerta, le ministre des Affaires étrangères Pablo Quirno ayant résumé la situation en affirmant que les sociétés vont devoir décider.
La réponse de Londres et le renouvellement de la flotte aérienne militaire
De son côté, le Royaume-Uni maintient une position inflexible. La publication du guide économique par le Foreign Office cherche à garantir aux entreprises que les activités autorisées par les autorités locales de l’île relèvent d’un cadre légitime. Le gouvernement britannique a également confirmé des mouvements d’ordre militaire dans l’archipel, répondant à une question parlementaire du député Ben Obese-Jecty.
Le ministre d’État pour la Préparation de la Défense et l’Industrie, Luke Pollard, a précisé que les quatre avions de chasse Eurofighter Typhoon de la tranche 1 actuellement positionnés au sein des forces britanniques de l’Atlantique Sud seront remplacés par des appareils de la tranche 2. Cette rotation est programmée entre la fin novembre et le début du mois de décembre 2027, tandis que les anciens appareils seront retirés du registre de la Military Aviation Authority lors de leur retour au Royaume-Uni.
Wes Streeting, ministre de la Défense du Royaume-Uni, a déclaré via Europe1 que leur engagement envers les Malouines était absolu et inébranlable.
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