Phala Phala : Quel avenir pour Cyril Ramaphosa en cas d’échec judiciaire ?

Le sort de Cyril Ramaphosa entre les mains de la justice

Le président Cyril Ramaphosa attend la décision de la Haute Cour du Cap concernant sa demande urgente visant à suspendre l’enquête parlementaire sur l’affaire Phala Phala. Un collège de trois juges, composé d’André le Grange, Matthew Francis et Diane Davis, a mis le jugement en délibéré après deux jours d’audiences, avec une décision attendue d’ici la fin de la semaine prochaine.

L’enjeu est de taille : si la procédure d’impeachment se poursuit, le président pourrait faire face à un vote de l’Assemblée nationale pour sa destitution. Une telle issue entraînerait la perte de ses avantages présidentiels, de sa pension et l’interdiction d’occuper une fonction publique.

Le sort de Cyril Ramaphosa entre les mains de la justice
Photo: Business Day

L’argument du « préjudice irréparable »

Devant la cour, l’avocat du président, Me Wim Trengove, a soutenu que soumettre un chef d’État en exercice à une enquête publique basée sur un rapport « défaillant » constituerait une humiliation et un « préjudice irréparable » pour sa réputation. La défense conteste le rapport du panel indépendant, présidé par l’ancien juge en chef Sandile Ngcobo, arguant que celui-ci a commis une erreur fatale en se contentant d’une évaluation « prima facie » au lieu d’effectuer une analyse qualitative complète des preuves concernant les allégations de mauvaise conduite.

Me Trengove a souligné que le président a droit à une protection procédurale, décrite comme un « tampon » destiné à éviter des enquêtes basées sur des allégations non fondées. Selon lui, le risque pour le président dépasse largement le désagrément d’un report de quelques mois des travaux du comité.

L'argument du « préjudice irréparable »
Photo: eNCA

La position des opposants et le risque de « l’impasse »

De leur côté, les parties opposées — incluant le parti MK, l’ATM, l’EFF et l’United Africans Transformation — demandent le rejet de la requête. Me Dali Mpofu, représentant le parti MK, a exhorté la cour à « rester dans sa voie » et à ne pas interférer avec les questions déjà déterminées par la Cour constitutionnelle, suggérant que tout recours devrait se diriger vers Braamfontein plutôt que vers la Haute Cour.

D’autres intervenants, comme l’avocat de l’ATM, Anton Katz, ont affirmé que la demande d’interdit est devenue caduque, la procédure d’enquête ayant techniquement débuté en mai. « Une fois que le cheval a quitté l’écurie, on ne peut pas l’empêcher de sortir », a-t-il déclaré, arguant que le processus constitutionnel doit se poursuivre dès lors que le seuil de preuves suffisantes a été franchi.

Saga Phala Phala : Quel avenir pour Ramaphosa ?

Perspectives juridiques et politiques

Même après le jugement de la semaine prochaine, l’affaire pourrait traîner en longueur. Les experts juridiques indiquent que la partie perdante pourrait demander l’autorisation de faire appel devant la Cour suprême d’appel (SCA), puis éventuellement devant la Cour constitutionnelle. Un tel processus pourrait prendre jusqu’à un an, voire plus.

Parallèlement à cette bataille sur l’interdit, une autre procédure majeure est en cours : la demande de révision du rapport du panel, prévue pour une audience du 2 au 4 septembre.

Sur le plan politique, le paysage a évolué depuis le premier rejet du rapport Ngcobo en 2022. À l’époque, l’ANC disposait d’une majorité confortable de 230 sièges sur 400. Cependant, après les élections de 2024, le parti ne compte plus que 159 sièges. Pour destituer un président en vertu de l’article 89, le soutien d’au moins 267 membres de l’Assemblée nationale est désormais nécessaire, rendant le calcul politique bien plus complexe pour le maintien au pouvoir du président.

Perspectives juridiques et politiques
Photo: IOL

État des lieux de la procédure

Étape Statut / Date
Jugement sur l’interdit Attendu d’ici la fin de la semaine prochaine
Audience de révision du rapport Prévue du 2 au 4 septembre
Travaux du comité d’enquête Poursuivis en parallèle (nominations en cours)
Seuil de destitution 267 voix sur 400 à l’Assemblée nationale

Le président du comité d’enquête, Makashule Gana, a confirmé que les travaux ne seraient pas interrompus par les vacances parlementaires, précisant que le comité se réunira au moins trois fois avant la reprise de la session le mois prochain.

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