Un nouveau traitement contre le VIH pourrait simplifier la vie de millions de patients, malgré des coupes budgétaires
Londres – Un nouveau traitement combiné contre le VIH, administré en un seul comprimé, s’avère aussi efficace que les thérapies actuelles qui exigent parfois jusqu’à onze pilules par jour. Cette avancée, saluée comme une potentielle « révolution » par les experts, pourrait considérablement améliorer la qualité de vie des patients, en particulier ceux de plus de 60 ans, souvent confrontés à des problèmes de santé complexes et à des schémas médicamenteux difficiles à suivre.
Les résultats, publiés mercredi dans The Lancet, démontrent que le traitement, associant les médicaments bictegravir et lenacapavir, a permis à 96% des participants à l’étude de maintenir le contrôle viral sans développer de résistance médicamenteuse. L’essai clinique a concerné plus de 550 personnes vivant avec le VIH dans 15 pays.
« Les résultats sont transformateurs pour ce groupe de personnes, dont beaucoup vivent avec le VIH depuis des décennies et qui souffrent d’autres problèmes cardiovasculaires liés à l’âge », explique la professeure Chloe Orkin, de la Queen Mary University de Londres, qui a dirigé l’étude. Les participants ont également rapporté une plus grande facilité à suivre le nouveau traitement.
Cette simplification est particulièrement importante pour les patients âgés, ceux souffrant de maladies chroniques, ou ceux qui rencontrent des difficultés d’accès aux soins. Anne Aslett, directrice générale de la Elton John Aids Foundation, souligne que le nouveau traitement pourrait être « transformateur » pour les personnes marginalisées, qui ont du mal à se rendre dans les cliniques et les pharmacies.
Un contexte de coupes budgétaires inquiétant
L’annonce de cette avancée thérapeutique intervient toutefois dans un contexte préoccupant. Les efforts internationaux pour éradiquer le sida d’ici 2030, fixé comme objectif par l’ONU, sont menacés par des réductions drastiques des financements en provenance des États-Unis et d’autres pays riches.
Les restrictions imposées par l’administration Trump ont notamment perturbé le programme d’urgence du président américain pour le secours en cas de sida (PEPFAR), qui finance des programmes dans plus de 50 pays.
« Le défi maintenant… est de s’assurer que les progrès scientifiques sont accompagnés d’une volonté politique, de financements et d’un engagement communautaire – tous essentiels pour garantir que ceux qui ont besoin du médicament puissent l’obtenir », met en garde Anne Aslett.
Selon les chiffres de l’ONUSIDA, plus de 40 millions de personnes sont décédées des suites du VIH/sida depuis 1980. Bien que les taux d’infection et de décès aient considérablement diminué au cours des 30 dernières années, notamment en Afrique subsaharienne, le maintien des efforts de prévention et de traitement reste crucial.
Eugene Lynch, directeur des programmes de Terrence Higgins Trust, une association britannique de lutte contre le VIH, qualifie le nouveau traitement de « développement prometteur » qui, s’il est jugé sûr et rentable, offrira aux cliniciens et aux patients davantage d’options.
