La Chine place dix entreprises américaines sous contrôle des exportations en riposte

La Chine a riposté aux sanctions américaines et à l’interdiction des robots humanoïdes en annonçant mercredi de strictes contre-mesures. Pékin a placé dix entreprises américaines sous contrôle des exportations et ciblé plusieurs entités sur liste noire, ravivant les tensions commerciales après la récente trêve entre les deux superpuissances.

Les tensions économiques entre Pékin et Washington ont franchi un nouveau palier ce mercredi, alors que le gouvernement chinois a officialisé une série de représailles en réponse aux récentes sanctions douanières et technologiques de l’administration américaine. Cette escalade intervient à peine un mois après la visite à Pékin du président américain Donald Trump pour des entretiens avec son homologue chinois Xi Jinping, une rencontre qui avait pourtant accouché d’une trêve destinée à stabiliser les relations entre les deux premières économies mondiales, selon le récit des négociations diplomatiques.

Le contrôle des biens à double usage et la riposte technologique

L’administration américaine venait de cibler des dizaines de partenaires au nom de la lutte contre le travail forcé et la sécurité nationale, prenant particulièrement pour cible les robots humanoïdes et quadripèdes chinois, jugés par les autorités américaines comme représentant des risques inacceptables pour la sécurité nationale des États-Unis. En réaction, le ministère chinois du Commerce a décidé de renforcer le contrôle des exportations de biens à double usage liés aux drones, visant à la fois des applications civiles et militaires.

Pour Pékin, ces restrictions ne se limitent pas aux frontières nationales. Les directives interdisent à toute organisation ou individu, indépendamment du pays ou de la région, de transférer ou de fournir des biens à double usage d’origine chinoise aux entités américaines visées par ces interdictions.

Les entreprises américaines touchées par les listes noires et les interdictions d’achats publics

La riposte de Pékin s’articule autour de sanctions directes contre plusieurs sociétés américaines de premier plan, réparties entre les secteurs de la défense, de la biotechnologie et de l’aérospatiale. Le ministère chinois du Commerce a ainsi placé six entités sur sa liste noire, parmi lesquelles figurent la société de biotechnologie Applied DNA Sciences et l’entreprise de recherche en géosciences Stratum Reservoir, en plus de sociétés de tests de conformité. Le gouvernement a également ouvert des enquêtes sur les importations d’imprimantes et de photocopieurs de bureau.

La Chine place dix entreprises américaines sous contrôle des exportations en riposte
Photo: bfmtv.com

Parallèlement, le ministère chinois des Finances a décrété une interdiction stricte pour les administrations publiques d’acheter des produits fabriqués par 46 entreprises américaines, incluant des filiales de géants de l’armement tels que Lockheed Martin, Raytheon et General Dynamics.

Dix sociétés soumises à des restrictions strictes à l’exportation

La liste des dix entreprises américaines directement soumises aux nouveaux contrôles à l’exportation par la Chine reflète l’ampleur sectorielle de ces mesures de rétorsion, touchant des acteurs spécialisés dans la technologie militaire, la robotique et les ressources stratégiques :

Plus d'entreprises américaines envisagent une expansion en Chine
  • AVEOX (Simi Valley, Californie)
  • Red Cat Holdings (South Salt Lake, Utah)
  • Teal Drones (South Salt Lake, Utah)
  • IMSAR (Springville, Utah)
  • Jaia Robotics (Bristol, Rhode Island)
  • Ball Aerospace & Technologies (Broomfield, Colorado)
  • Oshkosh Defense (Oshkosh, Wisconsin)
  • L3Harris Maritime Services (Norfolk, Virginie)
  • MP Materials (Las Vegas, Nevada)
  • USA Rare Earth (Stillwater, Oklahoma)

Ces mesures interviennent alors que le département américain de la Défense avait de son côté élargi sa propre liste noire d’entreprises chinoises accusées de liens militaires, incluant des groupes technologiques majeurs comme Alibaba, Baidu et BYD. Baidu a immédiatement rejeté ces accusations, qualifiant sa désignation d’entreprise militaire de totalement infondé, tandis que les autorités chinoises continuent d’exiger l’annulation de ces sanctions pour préserver leurs intérêts industriels et nationaux.

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