Afrique du Sud : lancement d’un nouveau traitement injectable contre le VIH, mais accès limité
Johannesburg, Afrique du Sud – L’Afrique du Sud a franchi une étape importante dans la lutte contre le VIH avec le lancement d’un nouveau traitement injectable à action prolongée, le lénacapavir. L’annonce a été faite lors d’une table ronde sur le VIH, et saluée comme une potentielle avancée majeure pour les personnes à risque.
Le ministre de la Santé sud-africain, Joe Phaahla, a salué l’introduction de ce nouveau médicament, soulignant son potentiel pour simplifier le traitement et améliorer l’observance. Cependant, il a également mis en garde contre une offre initialement limitée, due à des accords de licence actuels avec le fabricant, Gilead Sciences.
Gilead a confirmé qu’elle restait ouverte à l’octroi de licences volontaires supplémentaires à des fabricants sud-africains capables de développer les capacités nécessaires et de respecter les normes de qualité rigoureuses.
Ce nouveau traitement, qui ne constitue ni remède ni vaccin, offre une alternative aux traitements quotidiens et pourrait considérablement améliorer la qualité de vie des personnes vivant avec le VIH. Eva Kiwango, directrice nationale de l’ONUSIDA en Afrique du Sud, a souligné l’importance de cette nouvelle option, en particulier dans un contexte de coupes potentielles dans le financement de l’aide étrangère, qui pourraient entraîner 6 millions d’infections supplémentaires au VIH d’ici 2029.
“Pour beaucoup,le lénacapavir élargit les choix,renforce la capacité d’agir et réduit les obstacles liés à la stigmatisation,à la divulgation ou à l’observance quotidienne”,a déclaré Kiwango.
Contexte : La lutte contre le VIH en Afrique du Sud
L’Afrique du Sud est l’un des pays les plus touchés par le VIH au monde. malgré des progrès significatifs dans la lutte contre l’épidémie, le pays continue de faire face à des taux de prévalence élevés, en particulier chez les jeunes femmes. L’introduction de traitements innovants comme le lénacapavir est cruciale pour atteindre les objectifs de l’ONUSIDA visant à mettre fin à l’épidémie de SIDA d’ici 2030.
Les traitements antirétroviraux (ARV) ont transformé le VIH d’une condamnation à mort en une maladie chronique gérable. Cependant, l’observance à long terme des ARV quotidiens peut être un défi pour de nombreux patients. Les traitements injectables à action prolongée, comme le lénacapavir, offrent une alternative prometteuse en réduisant la fréquence des prises de médicaments et en améliorant l’adhésion au traitement.
La table ronde se poursuit jusqu’à mercredi.
