Une étude publiée dans la revue JAMA Network Open révèle qu’un traitement précoce par le remdésivir chez les adultes ayant subi une greffe rénale et atteints de la COVID-19 réduit de manière significative les risques de perte de greffon et de complications cardiovasculaires à un an.
Une stratégie antivirale ciblée pour protéger les greffons rénaux
Les receveurs d’une greffe de rein font face à des risques accrus de formes graves de la COVID-19, en raison notamment d’une immunosuppression chronique et de réponses vaccinales altérées. Pourtant, cette population se retrouve fréquemment exclue des grands essais cliniques portant sur les antiviraux. Pour combler cette lacune, des chercheurs de l’étude publiée dans JAMA Network Open ont examiné les dossiers de patients suivis dans le réseau de santé Johns Hopkins.
L’analyse, menée sous forme d’émulation d’essai cible, a évalué 432 adultes greffés du rein diagnostiqués avec la COVID-19 entre le mois de mars 2020 et le mois de janvier 2024. Parmi eux, 177 patients ont reçu le remdésivir par voie intraveineuse dans les sept jours suivant leur diagnostic, en suivant un traitement d’au moins trois jours consécutifs. Les 255 patients restants n’ont pas reçu cet antiviral. Les résultats pondérés montrent que l’administration précoce du traitement est associée à une baisse de 47% du risque de perte globale du greffon, englobant l’échec de la greffe et la mortalité toutes causes confondues à un an.
Réduction des risques cardiovasculaires et mécanismes biologiques
Au-delà de la survie du greffon, l’intervention antivirale précoce s’accompagne d’une protection manifeste pour le système circulatoire. Les données indiquent une diminution de 42% du risque d’événements cardiovasculaires majeurs, tels que les infarctus du myocarde ou les accidents vasculaires cérébraux, au cours de la période de suivi d’un an.

Karan Srisurapanont, MD, premier auteur de l’étude, a indiqué que la suppression précoce de la réplication virale pouvait réduire l’inflammation systémique, les lésions endothéliales ou les atteintes des vaisseaux sanguins, ainsi que les complications thrombotiques, ou celles liées à une coagulation sanguine sévère, susceptibles de contribuer aux problèmes cardiaques et rénaux.
Les auteurs soulignent que la neutralisation rapide du virus permet d’atténuer les cascades inflammatoires et les lésions vasculaires qui endommagent à la fois le rein transplanté et le tissu cardiaque.
Modalités cliniques et recommandations pour la prise en charge
Les responsables de l’étude insistent sur le fait que ces conclusions ne doivent pas conduire à une prescription automatique pour l’ensemble des patients immunodéprimés. Selon les données communiquées par les équipes médicales, la décision thérapeutique doit tenir compte de la chronologie de l’infection, du profil de risque individuel et des interactions médicamenteuses potentielles.

Nitipong Permpalung, MD, MPH, auteur senior et directeur associé du Johns Hopkins Transplant Research Center, a déclaré que lorsqu’un receveur de greffe de rein développe des symptômes de la COVID-19 ou est testé positif, le patient doit contacter rapidement l’équipe de transplantation et qu’un traitement antiviral doit être envisagé avant que la maladie ne devienne grave.
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