La République démocratique du Congo fait face à l’épidémie d’Ebola la plus rapide de son histoire, avec des milliers de cas et 1 700 décès recensés depuis mai 2026. L’Organisation mondiale de la santé et les autorités sanitaires signalent une transmission communautaire intense dans la province de l’Ituri.
L’épidémie de virus Bundibugyo s’accélère en République démocratique du Congo
La République démocratique du Congo est aux prises avec la flambée d’Ebola la plus rapide jamais enregistrée dans le pays, selon des données officielles publiées début août par plusieurs agences de presse internationales. L’épidémie, déclarée le 15 mai, a franchi le seuil des 1 700 décès dans la partie orientale du territoire.
Le dernier bilan officiel fait état de 3 802 cas enregistrés et de 1 707 morts. Cette crise sanitaire surpasse en vitesse de propagation toutes les crises précédentes qu’a connues le pays, y compris l’épidémie de 2014-2016, qui avait nécessité environ huit mois pour atteindre le cap des 1 000 décès.
La propagation communautaire et les défis de la traçabilité en Ituri
La province reculée de l’Ituri, dans l’est du pays, concentre près de 90 pour cent des infections. L’Organisation mondiale de la santé et les services de santé publique constatent une expansion géographique continue touchant dorénavant quarante-neuf zones de santé réparties dans cinq provinces, parmi lesquelles le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé et la Tshopo.
Lors d’un déplacement à Bunia, à proximité de l’épicentre, le directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies, le Dr Jean Kaseya, a souligné que près de 80 pour cent des nouveaux cas ne proviennent pas du suivi des contacts, mais résultent directement d’une transmission au sein des communautés. Les autorités peinent à identifier le patient zéro, tandis que les déplacements de population liés aux conflits armés et à l’orpaillage illégal compliquent la localisation de milliers de personnes potentiellement exposées.
Les obstacles sécuritaires et les tensions dans les structures de soins
La riposte sanitaire se heurte à de graves difficultés sur le terrain. Les équipes médicales font face à la violence de groupes armés, à des attaques contre les centres de santé et à une profonde méfiance de la part d’une fraction de la population locale.
Les conditions de travail et la question salariale pèsent également lourdement sur la mobilisation du personnel soignant. Dans la localité de Mongbwalu, des professionnels de la santé ont brandi un ultimatum en raison de salaires impayés, menaçant d’intensifier leur mouvement de grève si aucune mesure n’était prise dans un délai de vingt-quatre heures. Selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé, plus de cent agents de santé ont été infectés depuis le début de l’urgence.
Essais thérapeutiques et situation dans les pays voisins
Face à la souche du virus Bundibugyo en cause, pour laquelle il n’existe aucun vaccin ni traitement approuvé, des recherches cliniques ont été lancées. Des essais portant sur deux traitements prophylactiques post-exposition ont débuté en province de l’Ituri, tandis que des essais vaccinaux distincts se déroulent au Royaume-Uni et au Canada.
Pendant ce temps, les pays frontaliers maintiennent des mesures de vigilance accrues. L’Ouganda a officiellement déclaré la fin de son épidémie fin juillet après l’écoulement de la période d’observation nécessaire suite à la guérison de ses derniers cas.
À lire aussi
- Montréal : un plan de transformation annoncé pour la rue Notre-Dame Est
- Chris Hipkins Exclut Tout Partenariat avec Winston Peters et New Zealand First
- EN DIRECT, incendies : dans le Var, 1 500 sapeurs-pompiers mobilisés pour tenter de stabiliser l’incendie ; 375 personnes interpellées dans toute la France, selon le ministère de l’intérieur (lederniereheure.com)