Les États-Unis et l’Iran ont officiellement annoncé, dans la nuit du dimanche 16 au lundi 17 juin, la conclusion d’un cessez-le-feu historique, mettant fin à des semaines de tensions militaires et diplomatiques. Le Premier ministre pakistanais, Shahbaz Sharif, a confirmé l’accord par un message sur X, précisant que les deux pays s’engageaient à un arrêt immédiat et durable des opérations militaires, y compris au Liban. La signature formelle est prévue pour ce vendredi 19 juin à Genève, en présence du vice-président américain J.D. Vance et du président du Parlement iranien, Mohammad-Báker Kálibáf.
Un accord sous haute tension : les conditions qui pourraient tout faire basculer
L’annonce intervient après des semaines de négociations secrètes, mais le processus reste fragile. Selon HNonline, qui cite des sources diplomatiques, trois éléments critiques détermineront la pérennité de cet accord : l’ouverture immédiate du détroit d’Ormuz, la levée de la blockade navale américaine, et l’inclusion explicite du conflit libanais dans les termes du cessez-le-feu.
Le président américain Donald Trump a lui-même annoncé la levée de la blockade et l’ouverture du détroit, une mesure qui devrait faire baisser les prix du pétrole dès cette semaine. Dans un message publié sur Truth Social, il a écrit : “L’accord avec la République islamique d’Iran est maintenant scellé. Je félicite tout le monde ! Je donne l’ordre d’ouvrir immédiatement le détroit d’Ormuz, sans frais, et de lever la blockade navale des États-Unis. Que les navires du monde entier démarrent leurs moteurs. Que le pétrole coule !”

“L’accord avec la République islamique d’Iran est maintenant scellé. Je félicite tout le monde ! Je donne l’ordre d’ouvrir immédiatement le détroit d’Ormuz, sans frais, et de lever la blockade navale des États-Unis. Que les navires du monde entier démarrent leurs moteurs. Que le pétrole coule !”
Cette décision, confirmée par l’agence TASR, marque un tournant géopolitique. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite 20 % du pétrole mondial, était devenu un point de tension majeur depuis l’escalade des attaques entre Israël et le Hezbollah, soutenu par l’Iran. La levée de la blockade devrait stabiliser les marchés énergétiques, mais les analystes du FMI estiment que les prix pourraient encore fluctuer en raison des incertitudes persistantes au Moyen-Orient.
Israël en résistance : Ben Gvir rejette l’accord et menace de saboter les négociations
Pourtant, l’accord se heurte déjà à une opposition farouche en Israël. Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a immédiatement rejeté la légitimité de cet accord, affirmant qu’Israël n’était “pas lié” par les décisions américaines. Dans un message publié sur Telegram, il a déclaré : “La dohoda de Trump ne nous engage pas. Israël n’est pas un État vassal des États-Unis. Nous sommes une nation indépendante et souveraine. Nous ne nous satisferons pas de moins que la dissolution du Hezbollah. Nous ne reculerons pas d’un seul centimètre des territoires que nos soldats ont conquis et nettoyés de l’infrastructure terroriste.”

“La dohoda de Trump ne nous engage pas. Israël n’est pas un État vassal des États-Unis. Nous sommes une nation indépendante et souveraine. Nous ne nous satisferons pas de moins que la dissolution du Hezbollah. Nous ne reculerons pas d’un seul centimètre des territoires que nos soldats ont conquis et nettoyés de l’infrastructure terroriste.”
For more on this story, see Trump prolonge le cessez-le-feu avec l’Iran : blocus naval à Ormuz déclenche la crise pétrolière.
Cette position, rapportée par Aktuality, révèle une fracture majeure. Ben Gvir, connu pour son discours radical, a déjà ordonné à l’armée israélienne de maintenir la pression sur le Hezbollah, malgré les appels au calme de Washington. Selon des sources militaires citées par Týždeň, des frappes aériennes ont même été menées dimanche contre des positions du Hezbollah à Beyrouth, en représailles à des tirs de roquettes sur le nord d’Israël.
Cette escalade a failli faire dérailler les négociations. Trump lui-même a exprimé sa colère dans un entretien avec Axios, déclarant que l’attaque sur Beyrouth avait “retardé la signature de l’accord de quelques heures”. Il a ajouté : “C’était très mauvais – je n’arrivais pas à y croire. Une heure avant que nous ne devions signer l’accord.”
“C’était très mauvais – je n’arrivais pas à y croire. Une heure avant que nous ne devions signer l’accord.”
La question reste entière : Israël respectera-t-il les termes de l’accord, ou Ben Gvir parviendra-t-il à imposer sa ligne dure ? Les analystes du Denník N estiment que sans une pression internationale accrue, Jérusalem pourrait continuer à agir en solo, risquant de relancer le conflit.
Le Liban, le maillon faible de l’accord : pourquoi tout pourrait encore s’effondrer
Le cœur du problème réside au Liban, où le Hezbollah, groupe armé soutenu par l’Iran, a déjà tiré des centaines de roquettes sur Israël depuis le début de l’année. Pour l’Iran, l’inclusion du Liban dans le cessez-le-feu était une condition non négociable. Mohammad-Báker Kálibáf, chef de la délégation iranienne, a même menacé de suspendre les négociations si Israël ne cessait ses frappes, déclarant : “Il n’y a aucun sens à discuter de paix tant que les États-Unis ne respectent pas leurs engagements.”
This follows our earlier report, États-Unis et Iran signent cessez-le-feu immédiat : fin du blocus naval et paix au Liban.

“Il n’y a aucun sens à discuter de paix tant que les États-Unis ne respectent pas leurs engagements.”
Or, selon HNonline, les frappes israéliennes sur Beyrouth ont déjà provoqué des victimes civiles, ce qui pourrait être exploité par le Hezbollah pour justifier une réponse militaire. Le Premier ministre libanais, Najib Mikati, a appelé à la prudence, mais son gouvernement, déjà fragilisé par des années de crise économique, n’a pas les moyens d’imposer une trêve unilatérale.
La situation est d’autant plus explosive que le Hezbollah, bien que faible sur le plan militaire face à Israël, dispose d’un arsenal de roquettes capable de paralyser le nord du pays. Une nouvelle escalade pourrait entraîner une intervention directe des États-Unis, ce qui remettrait en cause l’accord.
Les prochaines 72 heures : trois scénarios possibles
Alors que la signature officielle approche, trois scénarios se dessinent pour les prochains jours :
- Scénario 1 : Un cessez-le-feu durable – Si Israël accepte de lever ses frappes sur le Liban et si le Hezbollah répond par un arrêt des tirs, l’accord pourrait tenir. Les prix du pétrole baisseraient, et les marchés financiers retrouveraient une stabilité. Cependant, cette option dépendrait d’une coordination sans précédent entre Washington, Jérusalem et Téhéran.
- Scénario 2 : Une trêve fragile, mais des tensions persistantes – Plus probable selon les analystes, cette version verrait un cessez-le-feu respecté à court terme, mais avec des risques de reprise des combats dans les semaines à venir. Le ministre Ben Gvir pourrait continuer à exercer une pression sur Netanyahu pour maintenir une posture agressive.
- Scénario 3 : L’effondrement des négociations – Si Israël ou le Hezbollah décide de reprendre les hostilités, l’accord serait annulé. Les prix du pétrole pourraient alors bondir de 20 à 30 %, selon les projections de la Banque mondiale, et une nouvelle crise humanitaire s’annoncerait au Liban.
Une chose est sûre : les prochaines 72 heures seront décisives. La signature à Genève ce vendredi ne sera qu’une étape. La vraie épreuve commencera après.
Read also: Trump annonce accord avec l’Iran, levée du blocus et ouverture du détroit d’Ormuz.
Pourquoi cet accord pourrait changer la donne au Moyen-Orient
Au-delà des enjeux immédiats, cet accord pourrait avoir des répercussions majeures sur l’équilibre des pouvoirs au Moyen-Orient. Voici trois raisons pour lesquelles il pourrait marquer un tournant :
- La fin de l’isolement de l’Iran – Depuis le retrait américain de l’accord nucléaire de 2015, Téhéran était isolé économiquement et diplomatiquement. La levée de la blockade navale et l’ouverture du détroit d’Ormuz pourraient permettre à l’Iran de rouvrir ses exportations pétrolières, renforçant son influence régionale.
- Un affaiblissement d’Israël – Si l’accord tient, Israël perdrait une partie de son avantage militaire, notamment face au Hezbollah. Cela pourrait encourager d’autres groupes armés, comme les Houthis au Yémen, à durcir leur position.
- Un signal fort pour la Chine et la Russie – Pékin et Moscou, qui soutiennent l’Iran, pourraient voir cet accord comme une victoire de la diplomatie multipolaire. Cela pourrait accélérer les efforts pour marginaliser l’influence occidentale au Moyen-Orient.
Reste à savoir si cet accord résistera à l’épreuve des faits. Une chose est sûre : le Moyen-Orient ne sera plus le même après cette semaine.
Les marchés financiers, déjà en alerte, surveilleront de près les développements. Les analystes de Bloomberg estiment que les prix du pétrole pourraient chuter de 5 à 10 % si l’accord est respecté, mais que toute rupture pourrait provoquer une crise bien plus grave.
Find more reporting in our International section.




