L’Iran Rejette le Plan de l’Oman pour la Gestion du Détroit d’Ormuz

L’Iran a rejeté, le 29 juillet 2026, une proposition de l’Oman visant à instaurer une gestion régionale conjointe du détroit d’Ormuz. Teheran refuse un partage équitable du contrôle et exige une domination accrue sur cette voie maritime stratégique, alors que les tensions avec les États-Unis et Israël persistent.

Le bras de fer pour le contrôle du détroit d’Ormuz vient de franchir une nouvelle étape. L’Iran a officiellement écarté un plan proposé par Mascate, soutenu par les États du Golfe, qui suggérait une gestion partagée et l’instauration de frais de transit volontaires pour les navires. Selon le vice-ministre des Affaires étrangères Kazem Gharibabadi, cité dans un média d’État, l’offre omanaise ne répondait pas suffisamment aux préoccupations de sécurité nationale de la République islamique.

Le plan d’Oman : un modèle inspiré du détroit de Malacca

Le projet porté par Mascate reposait sur un mécanisme de coopération régionale. L’idée était de diviser le contrôle du passage en deux zones égales, avec un partage 50-50. L’Iran aurait géré les couloirs de transit de son côté, tandis que l’Oman aurait supervisé ceux longeant ses propres côtes.

Photo: Japantimes

Ce modèle s’inspire directement des accords régissant le détroit de Malacca, où l’Indonésie, la Malaisie et Singapour sollicitent des contributions volontaires pour financer la navigation, la protection de l’environnement et les opérations de recherche et de sauvetage. L’Oman a proposé un système similaire pour éviter l’imposition de taxes obligatoires par Teheran.

Toutefois, cette approche a été fermement rejetée par Washington. Un responsable américain a réitéré que le détroit est une voie navigable internationale et doit rester libre de toute restriction ou contrôle iranien, affirmant que tout accord final ne saurait inclure de péages.

La contre-proposition de Kazem Gharibabadi et les exigences de Teheran

Loin de chercher un compromis équilibré, l’Iran a soumis sa propre vision. Kazem Gharibabadi a précisé que la proposition iranienne prévoit qu’une route se situe entièrement dans les eaux territoriales de l’Iran, et qu’une partie de la seconde route y passe également.

Oman presents Iran with Gulf-backed plan for voluntary fees to use Hormuz

Notre proposition est qu’une route se situe entièrement dans les eaux territoriales de la République islamique d’Iran, avec une partie de l’autre route passant également par les eaux territoriales iraniennes, afin que l’Iran puisse exercer efficacement une surveillance sur le trafic entrant et sortant. Kazem Gharibabadi, vice-ministre des Affaires étrangères

L’objectif affiché est de rompre avec les arrangements d’avant-guerre, où les navires transitaient sans payer de taxes. Pour l’Iran, la formalisation de ce contrôle est désormais l’objectif prioritaire de sa stratégie dans le conflit.

Escalade militaire et rupture du cessez-le-feu

Ce blocage diplomatique s’inscrit dans un contexte de reprise des hostilités. Un accord signé le 17 juin entre les États-Unis et l’Iran devait rouvrir le détroit pour au moins 60 jours, mais cet accord a échoué début juillet après que l’Iran a ouvert le feu sur des navires utilisant un canal non reconnu par Teheran.

Photo: The Straits Times

Le 29 juillet 2026, la violence a repris :

  • Les Gardiens de la Révolution islamique (IRGC) ont affirmé avoir frappé trois pétroliers ayant ignoré des avertissements sur une route jugée insécurisée et illégale.
  • Les États-Unis et l’Arabie saoudite ont lancé des frappes contre des groupes pro-iraniens dans l’est de l’Irak, accusés d’attaques de drones contre des installations pétrolières saoudiennes.
  • L’IRGC a tiré plusieurs missiles balistiques vers des installations américaines en Jordanie, dont cinq ont été interceptés par les défenses aériennes jordaniennes.

L’impact financier a été immédiat. Le prix du pétrole a bondi de plus de US$3 le baril le 29 juillet suite à l’intensification des attaques.

La position ambiguë de Donald Trump

Le président Donald Trump a entretenu un discours contradictoire. Tout en saluant des bons pourparlers avec l’Iran le 28 juillet, il a menacé de reprendre les frappes si aucun progrès concret n’était réalisé.

Iran Rejects Omani Proposal to Share Strait of Hormuz, Demands More Control
Photo: WSJ

Vous ne pouvez pas les soudoyer. Vous devez les battre, et nous allons les battre sévèrement. Mais nous verrons bien comment cela se termine. En ce moment, il y a des négociations très amicales en cours. Donald Trump, président des États-Unis

Ce dernier a insisté sur le fait qu’aucun pays n’a le droit de facturer l’utilisation de voies navigables internationales.

L’incertitude demeure quant à la suite des négociations.

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