Sœur Katharina Fuchs, membre de la Congrégation des Aideuses depuis 2013, utilise la musique pour accompagner les personnes souffrantes. Dans un récent épisode du podcast Orden on Air, elle détaille comment les sons deviennent des outils thérapeutiques essentiels en milieu hospitalier, offrant une présence humaine là où les mots font parfois défaut.
Un arsenal sonore pour la rééducation et le soin
Pour Sœur Katharina Fuchs, la musique n’est pas un simple divertissement, mais un instrument de soin rigoureux. Musicothérapeute et accompagnatrice de retraites spirituelles, elle déploie une palette d’instruments variés pour toucher ses patients, qu’ils soient en unité de soins intensifs, en psychiatrie ou en service de soins palliatifs.
Son équipement est aussi diversifié que les besoins de ceux qu’elle visite. Elle se déplace souvent avec une guitare sur le dos, mais elle utilise également des instruments plus singuliers comme le monochorde, le bâton de pluie, le balafon ou le métallophone. Ces outils permettent de créer des textures sonores capables de s’adapter à l’état de fragilité de chaque personne, notamment pour les patients en phase de récupération après un accident vasculaire cérébral.
L’approche de la religieuse repose sur une simplicité qui brise les barrières de la maladie. Elle rapporte que la réaction des patients est souvent immédiate et empreinte de dignité.
« Essayez une fois », dit-elle aux personnes qu’elle rencontre. Et, de manière surprenante, certains tendent la main.
La musique comme langage de l’âme
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Dans l’environnement souvent aseptisé et silencieux des hôpitaux, la musique agit comme un vecteur de communication non verbale. Pour Sœur Katharina, cette dimension est fondamentale car elle court-circuite les limites imposées par la pathologie ou la fatigue.
« La musique appartient à tous. La musique s’adresse aux gens à un autre niveau. Elle fonctionne sans mots », explique la thérapeute, via kathpress.
L’objectif n’est pas la performance artistique, mais la création d’un espace de présence partagée. Le véritable enjeu réside dans la qualité de l’interaction humaine que le son permet de susciter. Elle souligne que l’essentiel est le moment de connexion entre deux êtres — « la rencontre qui naît de la résonance commune ».
Retrouver soi-même par le son
La musique comme Thérapie
L’un des aspects les plus poignants de son travail concerne les patients atteints de démence. Pour ces personnes dont l’identité semble s’effriter, la musique agit comme un ancrage puissant.
Sœur Katharina Fuchs décrit ces moments de clarté retrouvée avec une précision presque mystique. Elle raconte comment, face à une chanson populaire familière, l’esprit semble soudainement se stabiliser.
« Comme une île émergeant au milieu de la confusion — un moment où les gens se retrouvent, se reconnaissent, ressentent brièvement : je sais quelque chose, je peux faire quelque chose. »
Soudain, trois couplets peuvent être chantés de mémoire et les yeux des patients s’illuminent. Ce phénomène de réminiscence prouve que la musique peut reconstruire des ponts là où la cognition semble rompue.
Cette capacité de reconnexion est également vitale dans les unités de soins palliatifs et les hospices. Dans ces contextes de fin de vie, la musique sert de médiateur pour exprimer l’inexprimable. Elle peut devenir un moyen de raconter des histoires de vie ou simplement offrir une parenthèse de beauté.
Parfois, il s’agit simplement d’une distraction — « quelque chose de beau qui n’a rien à voir avec la mort ».
Un héritage de connexion humaine
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Cette vocation prend racine dans l’enfance de la religieuse. Elle se souvient de l’impatience qu’elle ressentait à l’église, attendant le début des chants. Pour elle, la musique a toujours été plus parlante que les paroles.
Cette expérience personnelle nourrit aujourd’hui sa mission au sein de la Congrégation des Aideuses. Son témoignage, diffusé par le podcast Orden on Air, produit par les communautés religieuses d’Autriche, met en lumière une facette essentielle du rôle des ordres religieux contemporains : une présence active, sensible et profondément ancrée dans le soutien social et psychologique.
En utilisant les notes pour construire des ponts, Sœur Katharina Fuchs transforme l’acte médical en une expérience de rencontre, rappelant que même dans les moments les plus sombres, la dignité peut être restaurée par un simple accord de musique.