Attaques des Houthis et de l’Iran en mer Rouge : la menace sur le pétrole saoudien

La recrudescence des hostilités au Moyen-Orient met en lumière la fragilité des voies de contournement adoptées par les pays du Golfe. Après une pause de neuf mois, les rebelles houthis au Yémen, alliés à l’Iran, ont repris le 22 juillet 2026 leurs attaques contre des navires en mer Rouge, ciblant directement l’Arabie saoudite. Cette reprise des hostilités sur un nouveau front maritime intervient alors que le détroit d’Hormuz reste en grande partie fermé depuis les frappes américaines et israéliennes du 28 février de la même année.

Le contournement d’Hormuz mis à rude épreuve par les attaques en mer Rouge

Pour faire face à la fermeture quasi totale du détroit d’Hormuz, par lequel transitait une partie du pétrole et du gaz naturel mondiaux en temps de paix, l’Arabie saoudite avait rapidement basculé ses exportations vers ses ports de la côte ouest. Le pipeline Est-Ouest reliant Abqaiq à Yanbu fonctionnait à sa capacité maximale de 7 millions de barils par jour, permettant d’exporter environ 3,43 millions de barils par jour en mai.

Cependant, les Houthis ont frappé au moins quatre pétroliers en mer Rouge depuis le 20 juillet, poussant en représailles l’Arabie saoudite à mener des raids aériens contre des cibles houthies au Yémen pour la première fois depuis la trêve de 2022. Cette escalade menace directement la stratégie de diversification des exportations énergétiques de Riyad.

Frappes de drones en Égypte et extension des zones de risque

L’élargissement du théâtre d’opérations ne se limite pas aux côtes yéménites. Une installation de stockage de gaz naturel liquéfié à Damietta, en Égypte, a été touchée par des drones suspectés d’être iraniens, provoquant un incendie qui s’est propagé à un pétrolier voisin. La firme de sécurité maritime Ambrey a indiqué que ces frappes visaient une installation flottante de stockage appartenant aux États-Unis et un tanker appartenant à un propriétaire grec.

Attaques des Houthis et de l'Iran en mer Rouge : la menace sur le pétrole saoudien
Photo: huffpost.com

L’Égypte figurait pourtant parmi les rares pays épargnés par des actions militaires directes depuis le début du conflit. Les rebelles houthis ont nié toute implication dans cette attaque contre le port égyptien, tandis que le trafic maritime global subit de plein fouet ces perturbations.

Un trafic au plus bas et des inquiétudes diplomatiques croissantes

Les échanges de tirs constants entre les États-Unis et l’Iran continuent de paralyser l’économie mondiale et de faire flamber les prix du carburant. Selon les données communiquées par Lloyd’s Intelligence, une entreprise d’analyse et de données maritimes, le nombre de navires traversant le détroit d’Hormuz est tombé à seulement 39 entre le 20 et le 26 juillet, contre 82 la semaine précédente.

Houthis Copy Iran’s Strategy? Red Sea Blockade Threatens Global Shipping

Face à cette détérioration rapide de la sécurité régionale, les médiateurs internationaux expriment leur profonde inquiétude. Tahir Andrabi, porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères, a déclaré aux journalistes :

Il a ajouté que des discussions sont en cours pour normaliser la situation, en particulier dans le détroit d’Hormuz.

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