Slovaquie : Plus de 200 ours abattus cette année, tensions avec les défenseurs de l’environnement
Bratislava, Slovaquie – une campagne controversée de gestion de la population d’ours bruns en Slovaquie a abouti à l’abattage de plus de 200 individus cette année, suscitant l’indignation des organisations de protection de la nature. Selon des chiffres officiels, 95 ours ont été abattus par les équipes d’intervention et 106 par des chasseurs autorisés par le ministère de l’Environnement.
Les autorités slovaques justifient ces mesures par la nécessité de protéger les populations locales. Roman Fajth, directeur national de la protection de la nature, a précisé que la grande majorité des ours abattus avaient été identifiés comme des individus revenant fréquemment dans les zones urbaines, malgré des tentatives de les éloigner. 30 ours sont également morts dans des accidents de la route, tandis que d’autres ont été victimes de braconnage. Trois oursons ont été capturés et placés dans des zoos.
Malgré ce nombre vital d’individus éliminés, les autorités slovaques affirment que la population d’ours bruns ne sera pas affectée négativement et que la diversité génétique sera préservée.
La situation a engendré des tensions internationales. greenpeace Pologne a déposé une plainte auprès de la Commission européenne,accusant la Slovaquie de chasse illégale d’ours bruns. L’organisation environnementale craint que les abattages, souvent pratiqués près de la frontière polonaise, ne menacent la population d’ours bruns, espèce strictement protégée en Pologne. Le vice-ministre slovaque de l’Environnement, filip Kuffa, a minimisé ces inquiétudes, affirmant que seuls deux individus concernaient la zone frontalière.
Contexte : La cohabitation homme-faune sauvage en europe
La gestion des populations d’ours bruns en Europe est un sujet complexe, souvent au cœur de débats passionnés. L’augmentation progressive des populations d’ours, conséquence des efforts de conservation réussis, conduit à une recrudescence des rencontres avec les humains, notamment dans les zones rurales et périurbaines. Ces rencontres peuvent entraîner des dégâts matériels, des incidents de sécurité et, dans de rares cas, des attaques.
Les stratégies de gestion varient considérablement d’un pays à l’autre, allant de la prévention et de la sensibilisation à la translocation des animaux problématiques, en passant par le contrôle des populations par la chasse.La slovaquie, comme d’autres pays d’europe centrale et orientale, a opté pour une approche plus interventionniste, suscitant la critique des organisations de protection de la nature qui prônent des solutions non létales et une meilleure cohabitation entre l’homme et la faune sauvage. Le débat sur la meilleure façon de concilier conservation et sécurité publique reste ouvert et promet d’être au centre des préoccupations environnementales dans les années à venir.
