LaRussell, du DIY au deal avec Roc Nation : un succès californien qui résonne
VALLEJO, Californie – La trajectoire de LaRussell, rappeur originaire de Vallejo, Californie, est une illustration frappante de l’évolution du paysage musical contemporain. Passé d’une indépendance totale, marquée par la sortie de 42 albums depuis 2019, à la signature d’un contrat avec le prestigieux label Roc Nation de Jay-Z, l’artiste de 31 ans incarne une nouvelle génération d’artistes qui maîtrisent les codes du digital pour se faire connaître.
Le dernier album de LaRussell, Something’s in the Water, sorti le 1er mars, est une ode nostalgique à l’âge d’or du hyphy, un mouvement musical emblématique de la Bay Area au milieu des années 2000. La collaboration avec Lil Jon, figure de proue du crunk, a insufflé une énergie contagieuse au projet, capturant l’esprit festif et débridé de cette époque.
L’album a rapidement rencontré un succès inattendu, propulsé par une campagne de promotion virale sur les réseaux sociaux. Un moment fort de cette campagne a été l’achat de l’album par la star de la NBA, Kyrie Irving, pour la somme de 11 000 dollars. "Je suis vraiment honoré et reconnaissant d’être dans cette position", a déclaré LaRussell à XXL. "Entendre les gens l’écouter dans leurs voitures et voir la réaction des jeunes à l’école, c’est incroyable. Je n’aurais jamais pu l’imaginer."
La signature avec Roc Nation, annoncée en février, a suscité des réactions mitigées. Certains ont perçu cette alliance comme une trahison des valeurs d’indépendance que LaRussell avait toujours défendues. L’artiste a cependant tenu à rassurer ses fans, affirmant qu’il conservait ses droits d’auteur et la propriété de ses masters. Il voit ce partenariat comme une opportunité d’amplifier la portée de son label, Good Compenny.
Jay-Z lui-même lui aurait présenté Roc Nation comme un outil pour "devenir la meilleure version de lui-même possible", en s’appuyant sur les infrastructures et l’expérience du label.
LaRussell ne se sent pas pour autant investi d’une mission particulière pour porter les couleurs de la scène rap de la West Coast. "Je ne pense pas qu’il y ait une pression particulière. Je me contente de faire ce que je sais faire", a-t-il expliqué, en utilisant une métaphore sportive : "Je montre juste que je sais jouer au basket."
Interrogé sur son "starting five" des rappeurs de la West Coast, LaRussell a cité Kendrick Lamar, lui-même, E-40, Mustard et Kehlani. Il a également mis en avant de jeunes talents émergents comme Malachi, Shante, Jane Handcock et Misa James.
L’interview complète de LaRussell dans le podcast Talk It Up de XXL, powered by DistroKid, est disponible ici. L’artiste y aborde également des sujets tels que sa gestion des trolls en ligne et l’avenir de ses concerts intimistes dans son jardin.
