Soudan : Une crise humanitaire sans précédent s’aggrave, malgré les retours de population
Par [Votre Nom], Rédacteur en chef international, nouvelles-du-monde.com
Khartoum, Soudan – Presque trois ans après le début du conflit au Soudan, le pays est confronté à la pire crise humanitaire de 2025, selon les Nations Unies et les organisations humanitaires sur le terrain. Alors que des millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays et vers les nations voisines, un cycle de déplacement et de retour précaire menace de déstabiliser davantage une région déjà fragilisée.
Le conflit, qui a débuté en avril 2023, a forcé environ 15 millions de personnes à quitter leur foyer, représentant 12% du nombre total de personnes déplacées dans le monde, selon l’Organisation internationale des migrations (OIM). Si un nombre croissant de personnes tentent de rentrer chez elles, la situation sécuritaire reste extrêmement volatile, avec 40% de la population soudanaise confrontée à une insécurité alimentaire aiguë et nécessitant une assistance urgente.
“Ce que nous observons au Soudan est une crise humanitaire d’une ampleur et d’une rapidité sans précédent,” explique Ottilia Anna Maunganidze, responsable de projets spéciaux à l’Institut pour les études de sécurité (ISS), dans un rapport récent. “Le cycle de déplacement, de retour fragile et de nouveau déplacement est une caractéristique persistante de l’histoire du Soudan, exacerbée par des décennies de vulnérabilités structurelles et des vagues successives d’hostilités depuis 1956.”
Un fardeau pour les pays voisins
La crise soudanaise exerce une pression énorme sur les pays voisins, en particulier le Tchad, l’Égypte, l’Éthiopie, la Libye et le Soudan du Sud, qui sont eux-mêmes confrontés à des défis importants. Le Tchad et le Soudan du Sud, par exemple, ont accueilli plus de 30% des réfugiés soudanais, mais manquent de ressources pour répondre à leurs besoins urgents.
L’Égypte, qui accueille 36,6% des réfugiés soudanais, a même intensifié les expulsions en décembre 2025, renvoyant de nombreuses personnes dans une situation précaire, selon des informations rapportées par The New Humanitarian.
Escalade des violences et retours complexes
Les combats récents, notamment à El-Fasher, dans le Darfour, ont provoqué le déplacement de plus de 127 000 personnes, selon l’OIM. Dans la région du Kordofan, environ 115 000 personnes ont été forcées de fuir depuis fin octobre 2025.
Malgré la persistance des combats, plus de trois millions de Soudanais sont retournés chez eux. Cependant, ces retours se font dans un contexte de destruction massive des infrastructures, de routes impraticables et d’un accès limité aux services essentiels. À Khartoum, plus de 1,4 million de personnes sont rentrées depuis que les Forces armées soudanaises (FAS) ont repris le contrôle de la capitale en mars 2025, certains répondant aux appels des FAS à reconstruire le pays.
Un appel à l’aide international
La situation est d’autant plus préoccupante que le financement de l’aide humanitaire au Soudan est insuffisant. En 2025, seulement 38% de l’appel humanitaire a été financé, et pour 2026, ce chiffre n’est que de 13%, selon le Bureau des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA).
“La réduction des financements et du soutien technique compromet la capacité de répondre efficacement à cette crise,” avertit Maunganidze. “Une action mondiale coordonnée est essentielle, mais le retrait des ressources risque d’aggraver la situation.”
Le Soudan a récemment décidé de réintégrer l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) en février, signalant peut-être une reconnaissance de la nécessité d’un soutien régional.
Vers une solution durable ?
Pour briser le cycle de déplacement et de souffrance, une approche collaborative et respectueuse des droits de l’homme est nécessaire. Cela implique de garantir des retours volontaires et sûrs, de fournir une assistance critique aux personnes déplacées et de s’attaquer aux causes profondes du conflit. Un cadre régional de protection plus cohérent et prévisible, incluant un partage équitable des responsabilités, est également crucial.
La crise soudanaise est un rappel brutal de l’importance de la paix, de la stabilité et de l’aide humanitaire pour prévenir les souffrances et construire un avenir meilleur pour les populations touchées. Le monde doit agir maintenant pour éviter une catastrophe humanitaire encore plus grave.
[Lien vers le rapport complet de l’ISS : https://issafrica.org/research/africa-report/fragmented-asylum-fault-lines-in-regional-responses-to-the-sudanese-displacement-crisis]
