Andy Burnham propose un programme massif de construction de logements sociaux
Le candidat à la direction du Parti travailliste, Andy Burnham, a fait du logement social la pierre angulaire de sa vision politique. Lors de son premier discours public après sa victoire à l’élection partielle de Makerfield le 29 juin, l’ancien maire du Grand Manchester a promis de lancer le plus vaste programme de construction de logements communaux depuis la période d’après-guerre.

Une rupture avec le consensus politique actuel
Depuis 1979, le consensus politique au Royaume-Uni a largement favorisé le désengagement de l’État au profit du secteur privé et des associations de logement, notamment à la suite des politiques de privatisation et du droit à l’achat (« Right to Buy ») introduites sous Margaret Thatcher. En 2026, seulement 6 % de la population britannique réside dans des logements communaux, contre environ un tiers en 1979. Andy Burnham soutient que le marché a échoué à combler le vide laissé par le retrait successif des gouvernements dans la construction directe de logements. Face à une crise du logement marquée par 1,3 million de ménages sur liste d’attente et un nombre record d’enfants vivant dans des logements temporaires, M. Burnham propose de revenir à un modèle où l’État joue un rôle central. Il insiste sur une distinction importante : sa priorité concerne les logements gérés par les conseils municipaux plutôt que par les grandes entités corporatives que sont devenues les associations de logement.
Financement et stratégie d’investissement
Pour financer cette ambition, M. Burnham suggère de réorienter le programme actuel de logement abordable, doté de 39 milliards de livres sterling sur 10 ans. Au lieu de subventionner la construction de logements destinés à l’achat, il propose de consacrer la totalité de cette somme exclusivement à la construction de logements locatifs sociaux. Cette approche s’inspire du modèle finlandais, où le logement est considéré comme un droit humain. En Finlande, cette stratégie a permis de réduire la population sans-abri à moins de 7 000 personnes depuis 2008. Selon M. Burnham, cet investissement se rentabiliserait en réduisant les coûts exorbitants des services de crise et de l’hébergement temporaire.
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Les défis de la construction au Royaume-Uni
Le secteur du logement fait face à des obstacles structurels importants. Les analystes soulignent que la construction est freinée par : * Les coûts financiers : Des prix immobiliers élevés (estimés à 300 000 £ en 2025, soit huit fois le revenu annuel moyen) et des taux d’intérêt hypothécaires élevés. * La main-d’œuvre et les matériaux : Une pénurie de travailleurs qualifiés depuis le Brexit et une hausse des coûts des matériaux liée à la pandémie et à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. * La réglementation : Certains critiques estiment que les normes environnementales et de sécurité entravent le développement.

Vers une approche décentralisée
La vision de M. Burnham, qualifiée de « Manchesterisme », prône une dévolution des pouvoirs vers les élus régionaux. En s’appuyant sur l’expérience du « Good Growth Fund » à Manchester, il suggère que les autorités locales sont les mieux placées pour identifier les besoins et obtenir le consentement du public. Ce modèle vise à éviter les erreurs du passé, comme le retrait récent du conseil d’Enfield du programme des nouvelles villes, dû à une résistance locale. Pour réussir, M.
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