Sommeil : La lumière nocturne altère la forme du cœur selon une étude

Une recherche américaine menée par l’université Tulane à La Nouvelle-Orléans et publiée le 9 septembre dans le European Heart Journal révèle que l’exposition à la lumière nocturne pendant le sommeil augmente les risques cardiovasculaires, provoquant notamment un épaississement de la paroi ventriculaire et des altérations des capacités de contraction du cœur chez 11.000 patients testés.

Une récente étude menée par le professeur Lu Qi de l’université Tulane, établie à La Nouvelle-Orléans, apporte de nouveaux éclairages sur les répercussions d’un facteur clé du sommeil sur le système cardiovasculaire : l’exposition à la lumière. Selon ces travaux parus sur le site académique du European Heart Journal de l’Université d’Oxford, s’épargner toute source de lumière pendant la nuit s’avère primordial pour écarter les risques de pathologies cardiaques, d’après les constats dressés auprès d’un panel-test de 11.000 personnes.

Les impacts cliniques sur le ventricule et la contraction cardiaque selon l’équipe de Lu Qi

Les observations de l’unité dirigée par le professeur Lu Qi mettent en évidence deux risques majeurs pour le muscle cardiaque en cas de sommeil lumineux. D’une part, les chercheurs ont constaté un épaississement de la paroi du ventricule gauche, l’une des cavités du cœur, qui entraîne dans certains cas une réduction du volume interne de la cavité. D’autre part, la flexibilité du muscle se trouve altérée, provoquant des contractions anormales à chaque battement et menant, sur le long terme, à des insuffisances cardiaques. Cnews rapporte également que des modifications ont été détectées au niveau du ventricule droit et de l’oreillette gauche.

Selon l’étude publiée dans le European Heart Journal, des modifications ont également été détectées au niveau du ventricule droit et de l’oreillette gauche.

Interrogé par CNEWS, le chercheur américain rappelle l’existence de publications scientifiques anciennes sur le sommeil et les maladies cardiaques, tout en soulignant que son équipe a tenu à analyser les conséquences de la mortalité liée à cette exposition nocturne. L’étude n’a toutefois pas mesuré les effets spécifiques liés à l’intensité ou au dosage précis de la lumière reçue par les patients.

Le rôle de la perturbation du rythme circadien dans les pathologies cardiovasculaires

Au-delà de la simple présence de luminaires, les mauvaises habitudes de sommeil favorisent les défauts de santé. Selon les explications du scientifique rapportées par Cnews, la perturbation du rythme circadien peut provoquer du stress et entraîner des modifications biologiques anormales, notamment au niveau de la tension artérielle et de la fréquence cardiaque, susceptibles d’affecter négativement le cœur.

Ces mécanismes biologiques relient directement l’environnement nocturne des patients à des dérèglements physiologiques profonds, incitant le corps médical à réévaluer les facteurs environnementaux lors de la prise en charge des patients.

Vers une prise de conscience des cliniciens et une réflexion sur l’urbanisme nocturne

Face à ces constats qualifiés d’alarmants, l’étude espère initier une prise de conscience générale auprès du personnel soignant. Les cliniciens prenant en charge des patients souffrant d’insuffisance cardiaque ou de fibrillation auriculaire sont ainsi invités à s’intéresser de plus près à l’environnement de sommeil, incluant le niveau d’obscurité de la chambre, le travail de nuit et l’utilisation d’écrans après le coucher du soleil.

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Pour contrer ces risques, les auteurs de la recherche préconisent d’équiper les chambres à coucher de rideaux occultants, d’un éclairage de chevet à lumière chaude et de veiller à protéger les petites LED de veille des appareils électroniques. La portée de ces recommandations dépasse le cadre strictement domestique, puisqu’elle interroge la gestion de la pollution lumineuse par les municipalités.

La recherche suggère d’envisager une remise en cause de l’urbanisme face à ce risque environnemental que les villes peuvent maîtriser directement et à moindre coût. L’utilisation de luminaires protégés, d’ampoules à spectre chaud et de lampadaires à intensité variable ou dotés de détecteurs de mouvement est présentée comme une solution déjà disponible, économe en énergie et respectueuse de l’environnement.

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