Sémaglutide : une étude relance l’immunité contre le cancer chez les obèses

Des chercheurs ont mis au point un nouveau composé expérimental, appelé StudyFinds, qui adopte une stratégie originale pour lutter contre les cellules cancéreuses. Plutôt que de tenter de les priver de sucre, ce traitement les pousse à consommer encore plus de glucose tout en bloquant leur source d’énergie de secours, les graisses. Selon une étude publiée dans la revue Nature Chemical Biology et rapportée par Bioengineer.org, cette double action provoque une crise énergétique sévère qui entraîne la mort de nombreuses cellules cancéreuses et ralentit la croissance des tumeurs.

Une nouvelle approche thérapeutique cible le métabolisme du cancer

Les cellules cancéreuses consomment des quantités extraordinaires de glucose pour alimenter leur croissance rapide, un phénomène associé à l’effet Warburg. Le composé cns.utexas.edu fonctionne en deux étapes distinctes : sa première composante se fixe sur une enzyme appelée PFKL, qui régule la glycolyse, et la pousse en surrégime pour inonder les cellules de sucre.

Un mécanisme à double action sur l’énergie tumorale

Une fois fixé sur la protéine PFKL, le médicament libère un second fragment, baptisé Gadget Review. Ce fragment migre vers les mitochondries et bloque l’enzyme CPT2, qui est indispensable pour permettre aux cellules de brûler des acides gras à longue chaîne comme carburant alternatif.

Sémaglutide : une étude relance l'immunité contre le cancer chez les obèses
Photo: Bioengineer.org
  • Accélération de la dégradation du glucose par l’activation de l’enzyme PFKL.
  • Blocage simultané de l’oxydation des acides gras via l’inhibition de l’enzyme CPT2.
  • Création d’un stress métabolique aigu conduisant à la mort cellulaire.

Cette approche chimique est comparée par les chercheurs à un équivalent entièrement chimique des anticorps-conjugués (ADC). En raison de sa petite taille, le composé peut pénétrer à l’intérieur des cellules pour cibler des protéines internes, contrairement aux anticorps traditionnels qui ne peuvent atteindre que les protéines situées à la surface.

Résultats précliniques et perspectives pour la recherche

Lors d’expériences menées en laboratoire, le composé a démontré une activité contre plusieurs types de cellules cancéreuses humaines, notamment le mélanome, la leucémie, le cancer du sein, le cancer du poumon, le cancer du foie et le neuroblastome. Des tests réalisés sur des souris atteintes d’un mélanome agressif ont montré une réduction significative de la croissance tumorale et une destruction importante des cellules cancéreuses, sans signes évidents de détresse ou de perte de poids pendant la période d’étude de deux semaines.

Sémaglutide : une étude relance l'immunité contre le cancer chez les obèses
Photo: StudyFinds

Cependant, les auteurs de l’étude soulignent que ces travaux en sont toujours au stade préclinique. Le traitement n’a pas encore été testé chez l’humain, et des questions essentielles concernant la sécurité à long terme, la posologie, la toxicité et le risque de résistance médicamenteuse restent ouvertes pour l’avenir.

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