Un test sanguin expérimental baptisé PANXEON parvient à détecter 86,8 % des cancers du pancréas de stades I et II grâce à l’analyse de dix microARN combinée au marqueur CA19-9. Cette avancée, soutenue par le NIH et le NCI, fait l’objet d’une vaste étude multicentrique internationale publiée dans Nature Medicine.
Moins de 25 % des cas présentent une maladie localisée et potentiellement curable au moment du diagnostic. L’adénocarcinome ductal pancréatique demeure l’une des tumeurs les plus redoutables en oncologie en raison de son agressivité et de sa détection souvent tardive.
Le taux de survie à cinq ans stagne entre 6 % et 8 %, selon les données de revues spécialisées.
Cette situation s’explique par la nature biologique de la maladie, caractérisée par une faible charge tumorale initiale et un relargage minimal de matériel nucléique dans la circulation sanguine. Les méthodes actuelles peinent à repérer les lésions avant qu’elles ne provoquent des symptômes manifestes, ce qui freine la prise en charge précoce.

Le test PANXEON détecte les cancers de stades précoces
Dans le cadre d’une étude prospective et multicentrique menée auprès de 1 785 participants répartis dans quatre pays, l’analyse de ces dix microARN a permis à elle seule de dépister 83,8 % des cancers précoces dans le groupe d’évaluation finale. Pour contourner les limites des marqueurs isolés, des chercheurs de City of Hope et d’autres institutions ont développé une signature biologique fondée sur dix microARN, de très petites molécules régulant l’activité des gènes dont les concentrations varient en présence d’une tumeur.
Le score obtenu, nommé PANXEON, a élevé le taux de détection global à 86,8 % pour les cancers de stades I et II. L’équipe a ensuite associé cette signature au CA19-9, un biomarqueur déjà utilisé en clinique mais dont la sensibilité chute à 55,6 % pour les stades I. Le test a également montré une faible réactivité face à d’autres cancers digestifs, ce qui limite les risques de confusion entre pathologies proches.
Selon Federal Research Notes, cité par Oncodaily, la biopsie liquide PANXEON menée par City of Hope et soutenue par le NIH et le NCI affiche une forte sensibilité pour le diagnostic précoce de l’adénocarcinome ductal pancréatique grâce à l’association des microARN et du CA19-9.
Les obstacles biologiques de la biopsie liquide
La faible libération d’ADN et d’ARN par les tumeurs de petite taille, ainsi que les signaux de fond émis par les tissus sains, compliquent l’interprétation des résultats. Malgré ces progrès, les analyses de la littérature montrent que l’utilisation de la biopsie liquide pour le diagnostic précoce se heurte encore à des obstacles de nature biologique.
De plus, la variabilité pré-analytique et l’absence de standardisation internationale continuent de ralentir le passage de la recherche fondamentale vers la pratique médicale quotidienne.
Ces approches multimodales soulèvent parfois des difficultés de reproductibilité et font craindre des risques de surdiagnostic si des modifications moléculaires bénignes sont confondues avec des lésions malignes évolutives.
Perspectives cliniques et taux de faux positifs
L’évaluation de la méthode combinée a révélé un taux de faux positifs de 3,2 % au sein du groupe de contrôle considéré comme à faible risque, contre 15,6 % chez les participants présentant un risque élevé. Un bon test de dépistage doit identifier les patients malades tout en évitant d’inquiéter inutilement les personnes saines.
Par ailleurs, un sous-groupe de 19 patients a fourni des indications sur le suivi thérapeutique, montrant une baisse du signal des microARN sous l’effet de la chimiothérapie pré-opératoire et post-opératoire, suivie d’une remontée avant la récidive de la maladie.
Neil Sharma, chef de la gastro-entérologie au Banner MD Anderson, a réagi sur les réseaux sociaux au sujet de la direction à suivre pour améliorer la prise en charge de cette pathologie.
Neil Sharma a déclaré : « C’est vers cela que nous devons tendre pour obtenir de meilleurs résultats dans le cancer du pancréas. La première version d’une nouvelle méthode de test : détection précoce, test rapide, haute sensibilité, mini-invasive, puis affinement pour gagner en sensibilité et détecter aux stades plus précoces ou au stade précancéreux. »
Les auteurs de l’étude insistent sur la nécessité de mener de nouvelles recherches prospectives à plus grande échelle pour confirmer ces résultats, définir précisément les populations cibles susceptibles de bénéficier de ce test sanguin et établir des protocoles rigoureux pour la gestion des cas positifs, alors que la survie à cinq ans stagne entre 6 % et 8 %.
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