L’euro est tombé sous le seuil de 1,13 dollar au début de septembre 2026, atteignant son plus bas niveau depuis mai 2025. Cette glissade de la monnaie unique s’explique par un dollar porté par l’anticipation de taux américains élevés et par de fortes tensions sur les marchés de l’énergie en Europe.
En ce début de mois de septembre 2026, la paire EUR/USD s’échange sous la barre des 1,13 dollar, un plancher inédit depuis le mois de mai de l’année précédente, selon les données publiées par Reuters. La monnaie unique européenne subit une pression persistante sur les marchés des changes, franchissant à la baisse des planchers techniques surveillés de près par les cambistes. Cette glissade prolonge une séquence baissière alimentée par la divergence des politiques monétaires entre les deux rives de l’Atlantique.
Le dollar profite des anticipations de la Federal Reserve
Le Dollar Index progresse nettement, se rapprochant de ses plus hauts atteints sur plusieurs mois, dans le sillage de rendements obligataires américains particulièrement fermes. Le billet vert s’impose ainsi comme le grand gagnant de cette séquence financière.

John Williams, le président de la Federal Reserve Bank of New York, a affirmé qu’il n’y avait pas de besoin d’urgence
pour une modification immédiate des taux à l’issue de la réunion d’octobre, invitant à faire primer les indicateurs économiques à venir. Pourtant, cette dynamique a résisté aux déclarations de responsables de la banque centrale.
La crise énergétique et les tensions fiscales pèsent en Europe
Les prix des contrats à terme sur le gaz naturel européen ont nettement progressé en septembre, renchérissant les coûts pour les industries grandes consommatrices d’énergie et pesant sur la compétitivité de la zone euro. Pendant que l’économie américaine profite d’indicateurs solides, le Vieux Continent fait face à des vents contraires. Ce climat de tension s’accompagne d’incertitudes politiques et budgétaires marquées au sein de plusieurs grandes économies de la région.
L’écart de rendement entre les emprunts d’État français à dix ans et leurs équivalents allemands a grimpé au-delà de 115 points de base, atteignant un plus haut depuis 2012. En France, la situation des finances publiques alimente la nervosité des investisseurs obligataires.
La vigueur du dollar se transmet aux importations et au leu en Roumanie
En Roumanie, la Banque Nationale de Roumanie a coté le dollar à 4,6568 lei, contre 4,6397 lei lors de la séance précédente, tandis que l’euro s’est établi à 5,2780 lei, d’après les chiffres fournis par Trumedia. Pour les économies d’Europe centrale et orientale arrimées au commerce extérieur de l’Union, la vigueur du dollar se transmet par le canal des importations de matières premières libellées en devise américaine.

Les entreprises qui achètent des équipements, des services ou des ressources énergétiques facturés en dollars doivent ainsi composer avec un coût de conversion majoré. Les experts rappellent que la répercussion sur les prix à la consommation ne s’effectue pas de manière automatique. Les tarifs des carburants à la pompe dépendent également des cotations brutes du pétrole sur les marchés mondiaux, des marges de raffinage, de la fiscalité locale et de la trajectoire spécifique du taux de change entre le leu et l’euro.
Les cambistes surveillent les prochaines échéances macroéconomiques
Les opérateurs de marché tournent désormais leur attention vers la publication de l’indice des prix PCE, la révision finale du produit intérieur brut américain pour le deuxième trimestre ainsi que sur le rapport mensuel sur l’emploi, des indicateurs jugés déterminants pour valider ou infirmer les anticipations de politique monétaire de la Fed d’ici la fin de l’année. La trajectoire future de la parité euro-dollar dépendra étroitement des prochaines statistiques macroéconomiques en provenance des États-Unis et de la zone euro.
Cette glissade sous le seuil de 1,13 dollar ramène la monnaie unique à des niveaux qu’elle n’avait plus connus depuis le mois de mai de l’année précédente.
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