Le Brésil vote ce dimanche 4 octobre 2026 pour élire son prochain président, dans un scrutin marqué par une polarisation extrême. Le président sortant Luiz Inácio Lula da Silva brigue un quatrième mandat face au sénateur Flávio Bolsonaro, le fils de l’ancien président, dans une élection qui pourrait se décider au second tour.
Un duel serré pour la présidence
Près de 179 millions de Brésiliens sont appelés aux urnes ce dimanche pour choisir leur futur chef d’État, ainsi que leurs gouverneurs, députés et une partie du Sénat. Cette journée électorale, qualifiée de colossale par la presse, voit s’affronter deux visions radicalement opposées pour le pays. De l’autre, le président sortant, Luiz Inácio Lula da Silva, âgé de 80 ans, cherche à prolonger son influence politique. De l’autre, le sénateur Flávio Bolsonaro, soutenu par son père Jair Bolsonaro, ambitionne de ramener la droite au pouvoir.
La compétition est particulièrement serrée. Selon les dernières données de l’institut Datafolha publiées ce week-end, le président Lula recueille 45 % des intentions de vote contre 42 % pour Flávio Bolsonaro. Un autre sondage, réalisé par Quaest, indique une différence de cinq points entre les deux candidats, confirmant une dynamique où aucun ne semble en mesure d’atteindre les 50 % nécessaires pour une victoire dès le premier tour. En cas de maintien de ce résultat, un second tour sera organisé le 25 octobre.
Les enjeux d’une campagne polarisée
La campagne a été dominée par une rhétorique forte de part et d’autre. Lula a axé son discours sur la défense de la démocratie et la souveraineté nationale face aux pressions internationales, notamment celles émanant de Washington. Lors de son intervention à l’Assemblée générale des Nations unies, il a martelé : « Le Brésil ne tient dans l’arrière-cour de personne. »
À l’opposé, le camp de Flávio Bolsonaro a placé sa stratégie sous le signe de la rupture. Le candidat du Parti Libéral (PL) a promis de rejoindre l’initiative de sécurité américaine dite « Bouclier des Amériques » et a fait de la libération de son père, condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d’État, l’un des piliers de son programme. Flávio Bolsonaro a lancé « Le Brésil ne peut plus supporter cela » pour mobiliser son électorat.
L’ombre des scandales et le rôle de la Cour suprême
Le climat politique est alourdi par des affaires judiciaires qui touchent le cœur des institutions. Récemment, des révélations sur le financement par le Département d’État américain de groupes opérant contre la Cour suprême brésilienne ont alimenté les tensions. Le magistrat Alexandre de Moraes, figure centrale de la condamnation de Jair Bolsonaro, est devenu une cible privilégiée des critiques de la droite, ce qui a paradoxalement nui à l’image du Parti des Travailleurs (PT) de Lula, perçu par certains comme trop proche de ces instances judiciaires.
En parallèle, Flávio Bolsonaro a été personnellement mis en cause dans une affaire impliquant une demande de 12 millions de pesos (environ 10 millions d’euros) destinée au financement d’un film biographique sur son père, un montant que le candidat a initialement nié connaître. Malgré ces controverses, les deux candidats ont appelé au vote utile pour éviter une dispersion des suffrages, les tiers candidats n’ayant pas réussi à percer dans cette élection.

Le déroulement du scrutin et les prochaines étapes
Le vote se déroule par urnes électroniques, une méthode standard au Brésil. Les bureaux ont ouvert à 8 heures et la fermeture est prévue pour 17 heures (heure de Brasilia). Les autorités électorales n’ont pas fixé d’heure précise pour l’annonce des résultats, mais la rapidité du système électronique laisse présager une soirée électorale dynamique.
Le président Lula a voté ce matin à São Bernardo do Campo, dans l’État de São Paulo, sous une forte protection policière. Il a annoncé qu’il tiendrait une conférence de presse à 19 heures, deux heures après la fermeture des bureaux. De son côté, le sénateur Bolsonaro suit le dépouillement depuis la capitale fédérale. L’incertitude demeure quant au taux d’abstention, un facteur qui, en 2022, avait dépassé les 20 % et qui pourrait, cette année encore, peser sur le résultat final.
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