Professor Murder : Un Chef-d’Œuvre Oublié Du Dance-Punk New-Yorkais

Sorti le 1 janvier 2006 chez Kanine Records, le disque Professor Murder Rides The Subway du groupe new-yorkais Professor Murder s’impose comme un exemple du dance-punk de la décennie 2000, mêlant percussions syncopées, synthétiseurs minimalistes et influences hip-hop et post-punk.

Au milieu des années 2000, la scène musicale new-yorkaise bouillonne d’une énergie brute qui pousse les groupes indépendants à faire danser les foules. Si des formations comme LCD Soundsystem ou The Rapture s’imposent alors en figures de proue du revival dance-punk, aux côtés d’autres groupes comme Rahim, Liars, Dan Deacon et d’innombrables formations moins connues sur DFA que l’on pouvait voir n’importe quel week-end dans tout New York, le groupe new-yorkais Professor Murder incarne à sa manière cet hédonisme de club, immortalisé sur son premier format court Professor Murder Rides the Subway EP.

Il y a quelque chose dans ce mélange spécifique de blasts de synthétiseurs bon marché, de chants vocaux criés, de percussions syncopées chargées et de basses vrombissantes qui capture parfaitement l’ambiance de la scène musicale new-yorkaise vers 2006.

L’évolution sonore et la formule rythmique de l’album

L’identité musicale du groupe s’ancre dans un carrefour d’influences hétéroclites. La proposition artistique de la formation puise autant dans le hip-hop, les mixtapes pirates, les fichiers MP3 téléchargés et les nuits en club que dans le post-punk des années 70 et 80, d’après les informations partagées sur la page de sortie de l’album sur Bandcamp.

Un tournant décisif s’opère au début de l’année 2005. Le groupe a éliminé la guitare de sa composition, ce qui les a poussés à repenser leur musique à partir de zéro, avec l’objectif de créer un son qui distille les multiples bandes sonores disparates de leur vie à New York. Conçu avec le concours du duo de production The Brothers, le résultat s’articule autour d’une esthétique rythmique lourde, teintée de reggae, de funk et de hip-hop. Au cœur de ce disque d’une durée totale de seize minutes, les morceaux sont construits autour d’un simple stomp disco (sauf pour le bref a cappella de « Pedigree »), habillés de cloches de vaches et d’autres éléments de percussion réglés pour ajouter de la complexité, mais sans jamais perturber le groove.

Une configuration minimale et des morceaux phares

Contrairement à certains de leurs contemporains comme LCD Soundsystem qui recherchaient des textures plus grandes et plus mélodiques, Professor Murder a opté pour des arrangements épurés où, sans doute, la batterie est l’instrument principal. Bien qu’il y ait des crochets et des mélodies à saisir, comme la basse floue sur Camron’s New Color (Part 3), ils sont toujours un peu plus discrets dans le mix.

Professor Murder : Un Chef-d'Œuvre Oublié Du Dance-Punk New-Yorkais
Photo: professormurder.bandcamp.com

L’enregistrement est encadré par deux chansons qui sont fondamentalement l’idéal platonicien du dance-punk des années 2000 : « Champion » et Free Stress Test. La sortie physique initiale prend la forme d’un disque compact (CD) de la première sortie du groupe en édition de 2000 exemplaires, dont le tarif s’établit à 6,99 dollars, tandis que l’album numérique incluant le streaming illimité via l’application gratuite Bandcamp et un téléchargement de haute qualité en MP3, FLAC et plus est proposé au prix de 9,99 dollars avec un téléchargement disponible au format 16-bit/44,1kHz.

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