États-Unis : frappes contre deux lanceurs iraniens sur l’île de Larak

Cette opération survient alors que les tensions s’intensifient autour de la liberté de navigation dans ce passage maritime stratégique.

Les frappes sur l’île de Larak et la surveillance du détroit d’Ormuz

Selon le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) et un responsable américain s’exprimant sous couvert d’anonymat afin de pouvoir détailler des mouvements militaires sensibles, les forces américaines ont frappé deux lanceurs iraniens sur Larak Island après que des forces du Corps des gardiens de la révolution islamique ont été observées en train de se préparer à lancer des roquettes chargées de mines marines dans le détroit d’Ormuz. L’agence de presse semi-officielle iranienne Tasnim a indiqué que l’attaque avait été menée par des drones. Les Gardiens de la révolution ont fait état de morts et de blessés, affirmant que l’attaque avait tué et blessé plusieurs soldats et citoyens, selon les rapports de l’agence Tasnim rapportés par les médias. L’opération a suivi un mois de période de relative stagnation dans les engagements militaires directs et se déroule dans une zone où le détroit d’Ormuz se rétrécit à seulement 39 kilomètres (24 miles) entre l’île de Larak et l’île omanaise de Great Quoin. L’île de Larak est située juste offshore du port de Bandar Abbas et s’assied sur le détroit d’Ormuz, où l’Iran fait actuellement passer le trafic des pétroliers par cette île pour vérification et force prétendument les navires à payer $2m (£1.5m) pour traverser.

Tensions géopolitiques, déminage et avertissements de Donald Trump

Cette action militaire intervient dans un contexte de statu quo précaire et fait suite à des déclarations du président américain Donald Trump, qui a affirmé la semaine dernière que tous les mines placées dans le détroit d’Ormuz par l’Iran dans le cadre de ses efforts pour bloquer la route avaient été détonées ou retirées des eaux internationales du détroit. L’administration américaine maintient une politique de tolérance zéro (« zero tolerance policy »), avertissant que tout navire ou embarcation s’engageant à placer de nouveaux engins explosifs serait détruit. Washington utilise la technologie de la Space Force pour surveiller la zone avec une extrême précision.

President Donald Trump exits Marine One at the White House in Washington on Friday, August 28th., 2026. Photograph
Photo: irishtimes.com
Strikes
Photo: egyptian-gazette.com

L’Iran a qualifié l’affirmation de Trump de tromperie de « propagande », par la voix du sous-ministre des Affaires étrangères Kazem Gharibabadi. L’Iran fait face à une pression économique renouvelée après que Washington a annoncé le 24 août une campagne de sanctions fraîches visant à isoler davantage Téhéran et à élargir les sanctions secondaires contre ses alliés, une campagne que les responsables iraniens et les médias d’État ont largement rejetée comme une suite. La guerre a maintenant franchi son cap de six mois, après l’attaque menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février, à laquelle l’Iran a répondu par ses propres frappes sur Israël et les États du Golfe qui hébergent des bases américaines.

Réactions de Téhéran et menaces de représailles des Gardiens de la Révolution

Les autorités iraniennes ont vivement condamné cette incursion militaire. Hossein Mohebbi, le porte-parole des Gardiens de la Révolution islamique, a qualifié l’attaque de « strategic and fatal mistake by the Trump regime » dans des propos rapportés, avertissant que « l’ennemi paierait les conséquences de cette erreur de calcul tant sur le plan économique que militaire ». Les Gardiens de la Révolution ont également indiqué que l’attaque serait rencontrée par une réponse et un châtiment (« response and punishment ») de la part de Téhéran, selon les médias d’État iraniens.

BREAKING: US forces strikes Iranian missile launchers on Larak Island in Strait of Hormuz
Large ships in the Strait of Hormuz are visible near the beach of Bandar Abbas
Photo: bbc.co.uk

Parallèlement, la situation politique interne et les messages attribués à l’ayatollah Khamenei, dont le fil Telegram a publié un message pour la semaine de l’unité islamique marquant l’anniversaire du prophète Mahomet, appellent à l’unité musulmane et à la coopération dans divers domaines ainsi qu’à la défense mutuelle. Le message affirme que quiconque crée des divisions parmi les musulmans, « sciemment ou inconsciemment », aide les ennemis de l’islam, et demande si les Palestiniens auraient été laissés « si impuissants » si les musulmans avaient été unis. Le commentateur Tim Constantine observe que l’appel de l’Iran à l’unité du Golfe est contrecarré par ses propres attaques, alors que Trump s’appuie sur des sanctions plus strictes. Khamenei n’a pas été vu en public depuis qu’il a été blessé dans les frappes aériennes américano-israéliennes qui ont lancé la guerre et tué son père et le précédent guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. Son appel à l’unité fait écho à une déclaration faite vendredi aux Iraniens, lorsqu’il a déclaré qu’il interdisait les actions nuisant à la cohésion sociale et a exhorté les autorités à éviter les déclarations « décourageantes » affaiblissant le moral national et public, demandant spécifiquement aux dirigeants arabes du Golfe si des « voyous sans identité » auraient osé convoiter leurs terres et leurs biens si les peuples et les gouvernements du Golfe avaient été « unis sous la bannière de l’islam ». Depuis la révolution islamique de 1979, les monarchies arabes du Golfe ont considéré l’idéologie révolutionnaire de l’Iran, y compris sa rhétorique anti-monarchique et régionale.

US reportedly strikes two Iranian launchers on Larak Island

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