À la suite d’un effondrement glacial à la frontière entre le Népal et la Chine le 26 août 2026, des crues éclair ont fait près de 800 morts et plus de 3 000 disparus. Face à la saturation des morgues, les autorités népalaises ont entamé des enterrements de masse dans le district de Chitwan.
Des enterrements de masse dans le district de Chitwan face à la saturation des morgues
La catastrophe a touché le nord et le centre du Népal, charriant des corps sur des centaines de kilomètres en aval par la rivière Bhotekoshi jusqu’au district de Chitwan, au sud-central du pays. Dans la région pittoresque de Chitwan, connue pour ses forêts et ses rivières, les autorités ont commencé à creuser de vastes tranchées dans la terre rouge de la forêt de Devghat. Samedi, 96 corps non identifiés y ont été inhumés, et plus de 100 autres devaient l’être dimanche, tandis que les équipes de secours continuent de repêcher des victimes dans les rivières et les débris, selon les informations rapportées par plusieurs médias internationaux.
Le bilan humain global de cette catastrophe s’alourdit. Le gouvernement du Népal a recensé 797 décès confirmés entre le Népal et le Tibet, tandis que le nombre de personnes portées disparues s’élève à 3 048, parmi lesquelles figurent des centaines d’étrangers, selon les données publiées ce week-end. Deux ressortissants irlandais, Santhosh Sahu et Spandan Sahu, figurent notamment parmi les touristes recherchés après avoir visité la zone avec une agence de voyage.
L’engorgement critique des structures médico-légales et l’appel à la préservation de l’ADN
La décision d’inhumer rapidement les dépouilles répond à une urgence sanitaire majeure. Les morgues locales, frappées par des pannes d’espace et une chaleur étouffante conjuguée à une forte humidité, ne peuvent plus faire face à l’afflux des corps. À l’hôpital de Bharatpur, la morgue, conçue pour accueillir seulement 50 corps, s’est retrouvée encombrée de plus de 125 corps gisant pour la plupart sur le sol dans un état de décomposition avancée après plusieurs jours passés dans les eaux de crue.
Nous avons été laissés sans autre option et avons dû prendre cette mesure. Notre préoccupation était le risque pour la santé publique posé par la décomposition rapide des corps. Ganesh Aryal, administrateur en chef du district de Bharatpur à Chitwan
Pour faire face à cette situation critique dans la capitale, le ministère fédéral de l’Intérieur a également décidé de procéder à des crémations massives à Katmandou, où affluent les dépouilles en provenance de districts durement touchés comme Rasuwa, Nuwakot et Dhading. Du côté de l’Institut de Médecine, le seul hôpital gouvernemental doté d’une morgue au Népal, un médecin a souligné la gravité de la situation en précisant que la capacité maximale d’accueil était dépassée de plus de quatre fois.
Afin de permettre aux familles de retrouver la trace de leurs proches malgré ces enterrements temporaires, les autorités affirment avoir pris des mesures rigoureuses d’identification. Des échantillons d’ADN sont systématiquement prélevés, les traits du visage sont photographiés et chaque site d’inhumation fait l’objet d’un enregistrement précis avec des repères placés au-dessus et en dessous du sol. L’Inde a par ailleurs dépêché une équipe médico-légale pour épauler les experts népalais dans l’analyse génétique, tandis que des échanges similaires sont menés avec la Chine.
La douleur des familles et les critiques contre la rapidité des inhumations
Près du centre d’exposition de Chitwan, transformé en point de rassemblement pour les familles à la recherche de leurs proches, la tension est vive. Des centaines de personnes munies de bagages patientent dans l’espoir de consulter des registres ou des photographies pour identifier les disparus. Face au drame, la vitesse à laquelle les autorités procèdent aux enterrements suscite de vives protestations, en particulier dans un pays à majorité hindoue où les rites funéraires traditionnels revêtent une importance culturelle majeure.
Les morts méritent d’être traités avec dignité. Notre tradition est de les incinérer sur la berge de la rivière, entourés de leur famille immédiate. Ruby Chaudhary, habitante dont deux proches sont portés disparus
Plusieurs personnalités politiques, à l’instar de l’ancien Premier ministre Baburam Bhattarai, ont publiquement estimé qu’il était inapproprié de procéder à des enterrements de cette nature avant la fin des opérations de recherche et sans une concertation approfondie avec les familles. En réponse à ces critiques, les responsables gouvernementaux maintiennent qu’il s’agit d’une disposition transitoire dictée par la stricte nécessité sanitaire.
Le secrétaire d’État aux Affaires étrangères du Népal, Amrit Bahadur Rai, a souligné lors d’un point de presse à Katmandou que ces inhumations temporaires respectaient les protocoles internationaux de gestion des catastrophes édictés notamment par le Comité international de la Croix-Rouge. Selon les autorités, les familles pourront ultérieurement faire exhumer les corps si des identifications positives sont établies, afin de célébrer les rites funéraires selon leurs traditions.
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