Une sécheresse historique provoquée par El Niño touche jusqu’à huit millions de personnes en Papouasie-Nouvelle-Guinée, entraînant de graves pénuries alimentaires et hydriques ainsi que des coupures de courant. Le gouvernement a déclaré une urgence humanitaire nationale, tandis que les experts climatiques préviennent que le phénomène pourrait s’intensifier jusqu’en 2027.
Déclaration d’une urgence humanitaire nationale face à la crise
Le gouvernement de Papouasie-Nouvelle-Guinée a officiellement déclaré l’aggravation de la sécheresse induite par El Niño comme une urgence humanitaire nationale. Les conditions climatiques prolongées affectent désormais les communautés à travers les quatre régions du pays, mettant à rude épreuve l’accès à l’eau potable et à la sécurité alimentaire, selon les rapports officiels de la publication locale.
Le ministre de la Santé et des Services des catastrophes nationales, Billy M. Joseph a souligné que les évaluations consolidées des comités provinciaux démontrent une situation critique. C’est le moment d’agir
, a indiqué en substance l’exécutif en appelant à une mobilisation immédiate pour acheminer l’aide de première urgence. D’après le Centre national des catastrophes, quinze provinces sont classées dans la catégorie extrême et cinq autres dans la catégorie sévère.

L’alerte initiale avait été émise à l’issue de la dix-neuvième édition du Forum sur le climat et l’océan dans les îles du Pacifique, tenue à Port Moresby les vingt et vingt et un octobre 2026. Le document officiel du forum, produit par le Réseau du Centre climatique régional pour le Pacifique de l’Organisation météorologique mondiale et publié en octobre 2026, souligne la persistance probable de ce phénomène El Niño fort bien avant l’année 2027.
Impacts dévastateurs sur l’agriculture et la vie quotidienne dans les provinces
Dans les zones rurales des Hautes-Terres, les familles réduisent leurs repas à une portion par jour pour faire face à la baisse drastique des récoltes. Emilly Meren, gestionnaire des projets humanitaires pour CARE International en Papouasie-Nouvelle-Guinée, a mis en garde contre l’accroissement des risques pesant sur les femmes et les jeunes filles, contraintes de parcourir des distances considérables pour trouver de l’eau et de la nourriture.
Pour les femmes et les filles, elles sont censées faire davantage pour subvenir aux besoins de leurs familles, tout en étant les dernières à manger parce qu’elles doivent servir les autres d’abord.
Emilly Meren, gestionnaire des projets humanitaires pour CARE International en PNG
Dans la province des Hautes-Terres méridionales, environ quatre cent mille personnes subissent une insécurité alimentaire modérée à sévère. Les cours d’eau s’assèchent également, obligeant les habitants à modifier profondément leurs habitudes pour survivre.
Dans le cadre du dispositif national de riposte, le gouvernement a procédé au décaissement de deux millions et demi de kina en faveur de chaque district touché. Le responsable des services de secours, Kasis Inape, a rappelé que le service météorologique national avait annoncé l’arrivée d’El Niño dès le mois de juin, alors qu’une grande partie du territoire subissait déjà un manque d’eau sévère affectant de nombreux habitants à travers le pays.
Coupures de courant à Port Moresby et avertissements climatiques pour l’avenir
La capitale Port Moresby subit de plein fouet les répercussions de la sécheresse à travers des interruptions d’électricité programmées. La société PNG Power a amorcé ces coupures en raison de la baisse des niveaux d’eau dans les barrages hydroélectriques, avertissant que ces perturbations pourraient durer jusqu’à dix mois.
Parallèlement, les experts du réseau du Centre climatique régional de l’OMM pour le Pacifique rappellent que cet épisode pourrait devenir le plus puissant jamais enregistré depuis 1950. Sunny Seuseu, coordinateur du réseau, a précisé que ce phénomène se déroule dans un monde plus chaud que lors des crises de 1982-1983 et 1997-1998, accentuant la hausse des températures et la sévérité du déficit pluviométrique jusqu’en mai 2027.

Face à l’ampleur de la situation, la coalition communautaire contre la corruption, représentée par Peter Aitsi, réclame des enquêtes approfondies de la part des autorités exécutives, notamment dans les zones rurales isolées. Le Premier ministre James Marape a indiqué que son administration étudie des ajustements budgétaires pour doter les provinces et les districts des moyens nécessaires face à la crise.
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