La République démocratique du Congo fait face à une épidémie de la variante Bundibugyo du virus Ebola qui a atteint 10 060 cas confirmés et 4 887 décès depuis le mois de mai 2026. L’Organisation mondiale de la Santé et les autorités sanitaires renforcent la surveillance transfrontalière dans le Haut-Uélé pour endiguer la propagation.
L’épidémie qui frappe la République démocratique du Congo depuis le mois de mai gagne rapidement du terrain. Les autorités sanitaires recensent à présent 10 060 cas d’Ebola sur le territoire congolais, avec un bilan s’élevant à 4 887 décès, ce qui représente près de la moitié des personnes touchées. L’autorité sanitaire africaine CDC qualifie cette crise sanitaire de plus rapide de l’histoire pour ce type de virus.
La souche en circulation est la variante Bundibugyo. Ce virus hautement contagieux provoque de la fièvre accompagnée de diarrhées et de saignements. Face à l’ampleur de la situation, la contagion dépasse les frontières congolaises et touche plusieurs pays voisins de la région.
L’extension de l’épidémie vers le Kenya et le Nigeria
Le virus a atteint l’Est et l’Ouest de l’Afrique par l’intermédiaire de voyageurs. En Kenia, les autorités rapportent neuf contaminations et deux décès. Un patient contaminé au Congo a voyagé en passant par l’Ouganda avant d’arriver dans la capitale, Nairobi. L’ensemble des neuf cas enregistrés au Kenya provient de l’entourage de ce premier malade.
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Au Nigeria, les services sanitaires ont confirmé un premier cas la semaine précédente. La patiente est l’épouse d’un employé de l’ambassade de Suisse au Nigeria qui avait voyagé en Ouganda avant son retour. Le couple est pris en charge dans un hôpital suisse depuis un lundi, tandis que l’origine exacte de la contamination de la patiente demeure incertaine.
L’Ouganda avait également fait face à des contaminations au tout début de l’épidémie, avec environ une vingtaine de cas et deux décès. La situation y est restée circonscrite et le virus n’y est plus réapparu depuis.
La riposte transfrontalière à la frontière entre la RDC et le Soudan du Sud
Dans la province du Haut-Uélé en RDC, la situation reste critique avec 408 cas confirmés et 176 décès répartis dans sept zones de santé touchées sur treize. Pour empêcher le virus de progresser, les autorités sanitaires de la RDC et du Soudan du Sud unissent leurs efforts avec l’appui de l’OMS.
À Aba, point stratégique situé à 436 kilomètres d’Isiro, les responsables des deux pays ont établi une feuille de route conjointe. Cette coopération prévoit un partage hebdomadaire des informations, des enquêtes menées en commun et une harmonisation des messages de sensibilisation auprès des communautés.
Comme l’a déclaré le Dr Dr Simon Sebit Yatoma, directeur médical du comté de Yei River au Soudan du Sud : « Ebola est en RDC et la RDC est proche de Yei. Nous mettons donc nos efforts en commun afin d’être en mesure de réagir promptement si un cas devait se déclarer. Par ailleurs, les virus ignorant les frontières, seule une action solidaire nous permettra de les vaincre. »
Sur place, les points d’entrée et de contrôle appliquent le lavage des mains, la prise de température et le filtrage des voyageurs.
Les défis logistiques dans la zone de santé d’Aba
Malgré la mise en place de cinq points d’entrée opérationnels sur les onze prévus à Aba, les structures locales font face à des manques importants. Le personnel subit une pénurie d’équipements de protection individuelle et les capacités d’isolement demeurent insuffisantes. De plus, la zone ne dispose pas d’ambulance pour transférer les cas suspects vers les centres de prise en charge.
Le camp de Méri abrite plus de 26 000 réfugiés sud-soudanais. Des séances de sensibilisation y sont organisées pour rappeler l’importance des mesures barrières, comme le soulignent les représentants des réfugiés qui saluent l’engagement des autorités et des partenaires pour protéger leur communauté.
Le ministère de la Santé procède actuellement à des évaluations avec l’appui de l’OMS pour combler ces lacunes logistiques et renforcer les laboratoires, le suivi des contacts et la formation des professionnels de la santé dans toute la région frontalière.
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