Minor Food : les chaînes chinoises bousculent le marché singapourien

De nouvelles chaînes de restauration chinoises affluent sur le marché singapourien, apportant des cuisines efficaces et des prix compétitifs. Selon Dellen Soh, directeur général de Minor Food Group, ces enseignes risquent de laisser les favoris locaux en difficulté pour suivre le rythme.

Alors que l’économie de Singapour poursuit son expansion, le paysage gastronomique subit une transformation profonde. Des chaînes venues de Chine, spécialisées dans le hotpot, le poisson grillé, ainsi que le café et le thé, redéfinissent la concurrence. Dellen Soh, directeur général de Minor Food Group, qualifie cette arrivée massive d’offensive majeure.

Ils sont là pour balayer le marché.

Dellen Soh, directeur général de Minor Food Group

La pression sur les opérateurs locaux à Singapour

Ces opérateurs ne se contentent pas de tester les goûts des consommateurs singapouriens. Ils déploient des modèles économiques perfectionnés dans le marché féroce de la restauration en Chine, avec l’ambition claire de s’étendre à l’ensemble de l’Asie du Sud-Est. Cette incursion met sous pression les exploitants locaux, dont les menus, la gestion du personnel et la tarification n’ont pas évolué au même rythme, d’autant que de nombreux propriétaires partent à la retraite sans trouver de successeurs.

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Pour les enseignes étrangères, Singapour constitue un banc d’essai exigeant mais stratégique. Le pays regorge de centres commerciaux fréquentés et de consommateurs férus de cuisines du monde. Selon la même source, si ces chaînes parviennent à opérer de manière rentable avec des menus ciblés, un personnel réduit, une préparation rapide et des prix compétitifs tout en séduisant des clients exigeants, elles disposeront d’un tremplin idéal pour conquérir d’autres marchés régionaux.

Stratégies de rentabilité et rationalisation des menus

Face à cette concurrence, l’adaptation est indispensable. Minor Food applique des méthodes strictes pour maintenir sa compétitivité. Par exemple, une marque du groupe qui proposait environ 300 plats à son ouverture il y a 22 ans a réduit son menu à seulement 80 ou 90 articles. Cette rationalisation accélère le service, réduit les temps d’attente et stimule la rotation des tables pendant les heures de pointe.

Le vétéran de la restauration souligne également l’importance d’accepter un ratio de coût des aliments plus élevé si des prix de menu plus bas permettent de remplir les restaurants. Une marge impressionnante sur chaque plat a peu de valeur si les tables restent vides, d’autant qu’environ 80 % de la population à Singapour mange à l’extérieur. Par ailleurs, le groupe fait face à la hausse des loyers, un problème récurrent pour les exploitants locaux qui rivalisent pour s’implanter dans les espaces commerciaux.

Défis futurs et projets d’expansion transfrontalière

Le marché singapourien se caractérise par une offre immense malgré sa petite taille, ce qui garantit la survie des plus forts. Pour sa part, Minor Food privilégie l’amélioration de ses marques existantes plutôt que l’acquisition de nouveaux noms. Le groupe ouvre chaque année 10 à 12 restaurants dans la cité-État et en renouvelle 15 à 20 autres. Parmi ses initiatives récentes, le groupe a acquis la marque de gâteaux à la banane Bake It Babe de Bangkok pour lancer des points de vente à VivoCity et Jewel Changi Airport.

Cependant, de nouveaux défis se profilent, notamment l’ouverture prévue en février 2027 de la liaison ferroviaire transfrontalière Rapid Transit System (RTS) Link entre Johor Bahru et Singapour. Dellen Soh surveille de près si cette connexion facilitera les déplacements vers la Malaisie et détournera une partie des dépenses locales. Pour contrer cette concurrence, le groupe ajuste continuellement ses opérations, ses services et ses menus, à l’instar de Riverside Canton Claypot Cuisine, qui a introduit des plats en cocotte pour dynamiser ses ventes aux côtés de son offre de poissons grillés.

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